Besançon : Comprendre le déclin accéléré de l’emploi industriel en Bourgogne-Franche-Comté comparé aux autres régions
Lecture rapide :
– Déclin industriel marqué en Bourgogne‑Franche‑Comté depuis 2013
– 14 000 emplois perdus entre 2013 et 2022 (-8%)
– Besançon et Beaune font exception
L’Insee et la Dreets ont analysé l’évolution de l’emploi industriel en région. Entre 2013 et 2022, la Bourgogne‑Franche‑Comté a perdu 14 000 emplois, soit une baisse de 8%, alors que l’emploi industriel s’est globalement stabilisé ailleurs en France.
Causes du recul de l’emploi industriel en Bourgogne‑Franche‑Comté
Les auteurs identifient une cause structurelle majeure: la région est surreprésentée dans les filières en difficulté, notamment l’automobile et la métallurgie. Ces secteurs ont subi l’automatisation, des délocalisations et des externalisations qui ont amputé les effectifs industriels.
Parallèlement, la région compte moins d’activités qui ont soutenu l’emploi national ces dernières années, telles que l’agroalimentaire, la chimie ou le textile. L’Insee note aussi la dépendance de plusieurs entreprises régionales à des groupes étrangers et la faible proportion de cadres, facteurs qui pèsent sur la résilience des effectifs.
Zones les plus touchées et zones épargnées
La dégradation de l’emploi industriel affecte largement la frange ouest et certains bassins spécialisés. Le pays de Montbéliard figure parmi les zones ayant le plus perdu d’emplois entre 2013 et 2022, tout comme Saint‑Claude et Avallon.
Cependant, toutes les aires ne sont pas concernées. Beaune bénéficie de la filière viticole et d’une implantation proche d’un nœud autoroutier, et Besançon est soutenue par le dynamisme des microtechniques, ce qui a permis à ces agglomérations de mieux supporter les pertes industrielles.
Effets locaux et facteurs géographiques
La disparition d’entreprises a emporté tout un écosystème local: sous‑traitants, logistique et services associés ont reculé avec les sites industriels. Dans ces territoires, reconstruire une activité industrielle porteuse reste plus difficile.
La bande frontalière pâtit par ailleurs de la concurrence salariale d’établissements suisses. L’Insee signale aussi un recul démographique dans une partie de la région: sur la période 2015‑2021, 70 des 113 collectivités ont vu leur population diminuer, surtout en zones très rurales.
Situation récente de l’emploi régional
Malgré la baisse industrielle, l’emploi salarié régional est resté globalement élevé. Au troisième trimestre 2024, les effectifs salariés s’élevaient à 997 100 emplois, avec une stabilisation observée sur plusieurs trimestres.
Toutefois, les trajectoires diffèrent selon les départements: la Saône‑et‑Loire, par exemple, a vu une progression de l’emploi industriel liée au développement de la filière nucléaire, signe que des populations d’activités peuvent compenser localement les pertes dans d’autres secteurs.
Vu par lemanfinance sur : Insee et Dreets