Pourquoi la France séduit-elle autant les investisseurs suisses ?
Lecture rapide :
– La Suisse est le 2ème investisseur étranger en France
– 114 Mds EUR d’IDE suisses en 2023
– Près de 300 000 emplois dans 1 300 filiales
La France attire des groupes suisses pour la taille de son marché, son vivier de talents et ses capacités d’innovation. Selon la Banque de France, le stock d’IDE helvétiques en France atteignait 114 Mds EUR en 2023, plaçant la Suisse en 2ᵉ position derrière les États‑Unis.
Pourquoi la France séduit les investisseurs suisses
La progression des IDE suisses en France s’est faite principalement dans l’industrie manufacturière, qui représente aujourd’hui plus de 70 Mds EUR soit environ 60 % du stock total. Les groupes helvétiques valorisent l’accès au foncier, la main‑d’œuvre et des filières industrielles complémentaires à celles de la Suisse.
Les secteurs privilégiés par les groupes suisses en France
Les investissements se concentrent sur la chimie (38 % des IDE suisses), la construction, l’immobilier et l’agroalimentaire. Des acteurs comme Nestlé, Givaudan, Firmenich, Holcim et Sika illustrent ces liens industriels et de production transfrontaliers.
Emploi et filiales : la présence helvétique en France
La Suisse est le 3ᵉ employeur étranger en France avec près de 300 000 salariés répartis dans environ 1 300 filiales. Parmi les principaux employeurs figurent Nestlé (≈ 13 000 salariés), Kuehne+Nagel (≈ 11 000), STMicroelectronics (≈ 10 300), Adecco et Emil Frey.
Projets récents et retombées industrielles
En 2024 la Suisse a lancé 64 projets d’investissement en France, après 84 en 2023. Lors du Sommet Choose France en mai 2025, MSC Croisières a commandé deux navires aux Chantiers de l’Atlantique, portant son investissement direct en France à plus de 18 Mds EUR sur deux décennies, dont environ 3,5 Mds EUR pour les deux derniers navires.
Atouts reconnus et risques pointés par les investisseurs suisses
Les groupes suisses saluent le marché français, jugé environ huit fois plus grand que le marché domestique suisse, et les revenus d’IDE en France ont atteint un pic de 5,4 Mds EUR en 2021. Les dispositifs de soutien à la R&D comme le Crédit Impôt Recherche et le statut de Jeune Entreprise Innovante sont fréquemment cités comme des leviers d’implantation.
Les inquiétudes mentionnées par les investisseurs portent sur l’incertitude juridique et fiscale, le risque de remise en cause du soutien public à l’innovation et à la formation, le niveau du coût du travail et la situation des finances publiques, ainsi que sur des facteurs géopolitiques (mesures tarifaires internationales, fin du dispositif ARENH).
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