Enquête : Une entreprise indienne de l’or suspectée d’avoir artificiellement augmenté son chiffre d’affaires de 159%
La Securities and Exchange Board of India a rendu public un rapport alléguant que Rajesh Exports aurait artificiellement majoré le chiffre d’affaires lié à sa filiale suisse Valcambi de 15,15 billions de roupies soit environ 158,93 milliards de dollars pour la période allant d’avril 2020 à mars 2025.
Rajesh Exports Valcambi enquête SEBI 159 pour cent
La SEBI affirme que la quasi totalité du chiffre d’affaires consolidé de Rajesh Exports a été imputée à Valcambi alors que les comptes individuels de l’affineur suisse indiquaient des revenus annuels compris entre 70 et 100 millions de dollars. Un auditeur judiciaire nommé par la SEBI a déclaré n’avoir pu vérifier qu’une fraction des montants en raison d’un manque de documentation.
La régulateur précise que plus de 114 milliards de roupies ont été comptabilisées comme ventes et achats avec un courtier local sans preuves de transactions réelles ni liens bancaires vérifiables. Rajesh Exports a rejeté toute malversation en affirmant que les états financiers sont corrects et qu’il existe un malentendu avec la SEBI.
Implications pour la Suisse audits conformité et coopération transfrontalière
Valcambi est un affineur suisse acquis en 2015 par Rajesh Exports pour 400 millions de dollars. L’enquête interroge la capacité des mécanismes d’audit transfrontaliers et la nécessité d’échanges formels entre la SEBI et les autorités suisses compétentes pour l’audit et la lutte contre le blanchiment.
Les autorités fédérales suisses concernées incluent la FINMA, l’Autorité fédérale de surveillance en matière d’audit et le bureau de renseignements sur le blanchiment d’argent MROS qui disposent de compétences pour traiter les flux financiers liés aux raffineries. La situation crée une contrainte opérationnelle pour les banques et auditeurs suisses en matière de traçabilité documentaire.
Rajesh Mehta a indiqué que la société poursuivra sa coopération avec la SEBI et que les informations publiées sont correctes. La SEBI a précisé que l’enquête avait été ouverte en 2024 suite à une plainte portant sur des créances commerciales impayées et que les actions de Rajesh Exports ont chuté de 10 pour cent après l’annonce.
Conséquences pour investisseurs auditeurs et chaîne d’approvisionnement
La portée alléguée des gonflements rend nécessaire une réévaluation de la diligence des investisseurs institutionnels tels que LIC qui détient environ 11 pour cent de Rajesh Exports. Les auditeurs doivent consolider des preuves bancaires et logistiques dans plusieurs juridictions pour valider les mouvements de métaux et les flux financiers.
Sur le plan opérationnel les entreprises utilisatrices et les banques commerciales font face à des risques accrus de conformité et à des délais de vérification plus longs. L’absence de documentation identifiée par la SEBI crée une incertitude sur la fiabilité des états financiers et un besoin immédiat d’audits forensiques transfrontaliers.