En Suisse, des élèves détournent l’IA pour générer des images intimes de leurs camarades
Un groupe d’élèves âgés de 12 à 14 ans a généré et diffusé des images sexuelles de camarades à l’aide d’une application d’intelligence artificielle dans une école de Suisse alémanique, selon des sources judiciaires. Le Ministère public cantonal des mineurs a ouvert une procédure après la diffusion via Snapchat.
Génération d’images intimes par IA et risques juridiques en Suisse
Les images ont été produites sur un site web gratuit d’origine chinoise ne demandant ni inscription ni vérification d’âge et promettant de « déshabiller » n’importe quelle personne en quelques secondes. Ces services basés sur des modèles de synthèse d’images permettent la création d’éléments explicites sans support photographique original.
Le cadre pénal suisse traite la production et la diffusion de pornographie enfantine indépendamment de l’authenticité des images, la majorité pénale étant fixée à 10 ans. L’application possible de cet article ouvre des poursuites même en l’absence de photographie réelle.
Diffusion, acteurs impliqués et réponses institutionnelles
L’école et le canton n’ont pas été dévoilés pour protéger les mineurs impliqués. Les acteurs mobilisés comprennent le Ministère public cantonal des mineurs, la police cantonale, les autorités scolaires cantonales et des services de protection de l’enfance.
Des chercheurs et praticiens suisses ont anticipé cette évolution. Le directeur de l’Institut de la délinquance et de la prévention de la criminalité de la Haute école zurichoise des sciences appliquées a signalé une probabilité d’augmentation des cas avec la facilité d’accès aux outils. L’absence de règles de transparence complique l’identification des usages.
Pour les établissements, la question opérationnelle porte sur la prévention, la formation du corps enseignant et la coordination avec les autorités pénales. Les équipes administratives font face à des contraintes techniques pour détecter et retirer des contenus, et à des délais judiciaires lorsqu’une coopération transfrontalière est nécessaire.
Contraintes légales, souveraineté numérique et coopération internationale
L’enquête met en lumière des incertitudes procédurales : preuve d’origine des images synthétiques, responsabilité des plateformes, et nécessité de demandes d’entraide internationale pour des services hébergés à l’étranger. La position fédérale souligne un manque de mécanismes de transparence adaptés, tandis que le Règlement européen sur l’IA introduit des obligations de contrôle des services à haut risque pour les pays de l’Union.
Les discussions en cours portent sur l’obligation de filtrage, la vérification d’âge sur les services en ligne et des précisions législatives pour traiter spécifiquement les images générées par IA. Ces éléments détermineront les délais de traitement des dossiers et les marges de manœuvre des autorités scolaires et policières.