Crise du logement : Construire davantage ne suffit pas, la qualité au cœur du problème
Lecture rapide :
– Construire plus ne suffit pas, la qualité et la destination des logements posent problème
– 80% du parc genevois détenu aujourd’hui par l’État et les institutionnels, selon un élu
– Sébastien Desfayes, président de la commission du logement du Grand Conseil, alerte sur les effets pour la classe moyenne
Sébastien Desfayes dresse un constat sévère de la crise du logement à Genève et pointe la nature structurelle du problème. Le député du Centre et président de la commission du logement du Grand Conseil dénonce une politique qui « construit mal » et s’interroge sur la destination des nouvelles constructions.
Crise du logement Genève : construire plus mais pour qui
Selon l’élu, la question centrale est « Pour qui construit-on à Genève? ». Il constate que, malgré un volume élevé de chantiers, la production ne répond pas aux besoins de la population moyenne.
La critique cible la répartition des logements et l’absence d’un calibrage adapté pour la classe moyenne, qui se retrouve exclue des logements sociaux sans trouver d’offre abordable sur le marché libre.
Institutionnels et rendement : l’immobilier genevois transformé
Sébastien Desfayes nuance le terme « spéculation » et préfère parler de rendement. Il met en avant la montée en puissance des caisses de pension et des investisseurs institutionnels dans le parc immobilier genevois.
Il rappelle qu’il y a une trentaine d’années, l’État et les institutionnels détenaient environ 20% du parc ; aujourd’hui ils représenteraient 80%. Cette concentration modifie la relation propriétaire-locataire et les décisions peuvent être prises depuis des directions hors canton.
Conséquences pour les locataires et la classe moyenne
Le basculement vers des propriétaires institutionnels se traduit, selon l’élu, par des décisions guidées par le rendement plutôt que par la prise en compte des situations locatives. Il évoque des résiliations massives possibles décidées par des directions externes.
Par ailleurs, la forte production de logements sociaux est pointée comme un facteur d’effets pervers : la classe moyenne n’y a pas accès et se retrouve sur un marché libre sous pression. Le résultat est une hausse des tensions et des prix pour ce segment.
Solutions évoquées et temporalité non précisée
Pour Sébastien Desfayes, il faut continuer à construire tout en ciblant davantage la classe moyenne. Il appelle à sortir des catégorisations rigides entre logements pour publics précisés et pour ménages aisés.
L’élu reconnaît que les mesures demandent du temps et n’a pas communiqué de calendrier précis ni de solutions chiffrées immédiates. Non précisé : les modalités concrètes pour réorienter la production vers la classe moyenne.
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