« McKinsey, un passeport d’influence : comment « La Firme » façonne l’élite du capitalisme suisse »
La Poste compte dans sa direction deux dirigeants, Pascal Grieder et Roberto Cirillo, ayant chacun une carrière passée chez McKinsey & Company, ce qui coïncide avec une montée des projets d’intelligence artificielle dans les grandes entreprises suisses.
L’Observatoire des élites de l’Université de Lausanne a analysé les trajectoires des dirigeants figurant dans la liste Forbes 2000 de 2018 et relève une présence récurrente d’anciens consultants de McKinsey parmi les postes de direction. Cette distribution de carrières s’inscrit dans des décisions opérationnelles et stratégiques récentes liées au déploiement d’outils algorithmiques au sein d’entreprises étatiques et privées.
McKinsey influence élite capitalisme suisse et intégration de l’IA
La présence d’anciens consultants dans des fonctions exécutives affecte les choix de gouvernance des projets numériques. Les profils issus de cabinets de conseil modèlent les approches d’achat, les critères de sélection des fournisseurs et les architectures de déploiement des systèmes d’IA.
Sur le plan réglementaire, ces pratiques rencontrent le cadre suisse de la commande publique et la révision de la loi fédérale sur la protection des données. L’alignement avec le régime européen, notamment le EU AI Act, impose des obligations de conformité qui pèsent sur les décideurs et sur les prestataires retenus.
Conséquences opérationnelles, économiques et de souveraineté numérique
Pour les entreprises utilisatrices, la concentration d’expériences similaires conduit à des gains rapides en capacité d’exécution mais augmente le risque de dépendance technologique vis-à-vis de fournisseurs externes. Les directions publiques et parapubliques, exemplifiées par La Poste, se trouvent confrontées à des exigences accrues de transparence dans les marchés publics.
Du point de vue institutionnel, les autorités fédérales et cantonales doivent concilier efficience opérationnelle et prévention des conflits d’intérêts. Les centres de recherche et universités suisses jouent un rôle de contrepoids en fournissant expertise et audits indépendants, indispensables pour préserver la souveraineté numérique et la résilience des systèmes.
La concentration de parcours mènent à des effets concrets sur la sélection des technologies, la structuration des accords contractuels et les calendriers de mise en production; ces éléments conditionnent la maîtrise des données, la conformité légale et la compétitivité des entreprises suisses sur le court et moyen terme.