Des militants de Minneapolis exigent que la BNS se désengage de son investissement dans Palantir
Lecture rapide : – Des militants demandent à la BNS de vendre ses actions Palantir – 1,1 milliard de dollars, la valeur de la participation – Palantir impliquée dans la surveillance pour ICE
Une délégation venue de Minneapolis a récemment fait entendre sa voix à Berne en appelant la Banque nationale suisse (BNS) à se désengager de son investissement dans Palantir Technologies, valorisé à 1,1 milliard de dollars. Ces militants dénoncent le rôle de la société américaine dans les activités de surveillance menées en collaboration avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), les services américains chargés du contrôle migratoire.
La BNS détient une part significative dans Palantir Technologies
Au terme de l’année passée, la Banque nationale suisse détenait 6,24 millions d’actions de Palantir dans son portefeuille d’actifs en devises étrangères, dont la valeur avoisine aujourd’hui 725 milliards de francs suisses. Ces placements, conformes à sa stratégie d’investissement basée sur la pondération des marchés mondiaux, ont suscité l’attention en raison des liens du groupe américain avec les agences gouvernementales américaines.
Controverse autour de Palantir et l’agence ICE
Palantir, start-up cofondée par Peter Thiel, a signé un contrat avec ICE l’année dernière pour déployer des systèmes d’analyse et de surveillance. Cette collaboration a été critiquée après deux fusillades mortelles impliquant des représentants de l’immigration américaine à Minneapolis en début d’année. La contestation locale s’est étendue jusqu’en Suisse, avec l’appui du groupe militant BreakFree Suisse, qui a invité les activistes au siège de la BNS.
Les militants plaident pour un désinvestissement de la BNS
Lors de leur visite à l’assemblée générale de la BNS, les représentants de Minneapolis ont demandé à la banque centrale de cesser toute relation financière avec Palantir, arguant que l’entreprise ne respecte pas les valeurs suisses en matière de droits humains et de respect de la démocratie. Janette Corcelius, figure de la délégation, a qualifié Palantir de « menace pour la démocratie » à l’échelle mondiale.
Palantir, quant à elle, n’a pas répondu à ces critiques, tandis que son directeur général, Alex Karp, rappelle que ses technologies sont dotées de mécanismes pour prévenir les abus par les gouvernements. Dans une communication aux actionnaires, il assure que l’outil limite la visibilité des agents de l’État à ce qui est strictement nécessaire.
Impact sur d’autres investisseurs
Ce débat autour des liens entre Palantir et l’agence ICE a poussé certains acteurs financiers, tels que le gestionnaire nordique Storebrand Asset Management, à se retirer de cet investissement. En Suisse aussi, cette question est scrutée de près.
La BNS, qui effectue des révisions régulières de son portefeuille, s’abstient de tout commentaire public sur cette participation ou sur d’autres actifs spécifiques. Elle affirme néanmoins respecter des critères éthiques stricts pour inciter à ne pas financer des entreprises violant gravement les droits humains ou causant des dommages environnementaux.
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