Les secrets derrière l’ascension du nouveau guide suprême iranien et son empire financier titanesque
Lecture rapide :
– Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême et investisseur discret
– Réseau immobilier évalué à 115 M€ (Londres) et > 400 M€ (Occident)
– Intermédiaire clé : Ali Ansari; fonds liés au pétrole et structures opaques
Le 8 mars, Mojtaba Khamenei a été désigné guide suprême après la mort de son père, tué lors de frappes israélo-américaines le 28 février. Agé de 56 ans et blessé pendant l’attaque selon les sources, il incarne désormais l’autorité religieuse du régime tout en conservant un rôle majeur dans des opérations économiques internationales.
Empire immobilier et hôtelier de Mojtaba Khamenei
Une enquête de Bloomberg publiée le 28 janvier met au jour un réseau d’investissements immobiliers à l’étranger lié au nouveau guide suprême. Selon cette enquête, une douzaine de propriétés à Londres sont estimées à 115 millions d’euros, tandis qu’une investigation du Financial Times évoque au moins 400 millions d’euros d’actifs immobiliers en Europe et en Amérique du Nord.
Parmi les biens identifiés figurent des hôtels de luxe à Francfort et aux Baléares ainsi qu’une villa à Dubaï. La valeur exacte du patrimoine reste difficile à établir en raison d’un maillage de sociétés écran et d’entités opaques qui dissimulent la propriété effective des actifs.
Rôle central d’Ali Ansari et architecture des sociétés écran
Les enquêtes identifient Ali Ansari comme l’intermédiaire central. Présenté par certains médias comme un oligarque influent et l’un des bâtisseurs de l’Iran Mall, son réseau d’entreprises a servi à acquérir des biens pour le compte de la famille Khamenei.
Des entités comme Midas Oil Trading DMCC aux Émirats et d’autres sociétés liées à des proches figuraient parmi les véhicules d’achat. Le Hilton Frankfurt Gravenbruch est cité comme acheté via des structures associées à un partenaire d’Ansari depuis 2011.
Origine des fonds et contournement des sanctions
Bloomberg et d’autres médias estiment que les flux proviennent majoritairement de la vente de pétrole iranien, acheminés via des institutions bancaires en Grande-Bretagne, en Suisse, au Liechtenstein et aux Émirats. Ces mécanismes auraient permis de contourner les sanctions américaines imposées depuis 2019.
Le gouvernement britannique a remonté la piste jusqu’à Ali Ansari, titulaire de la nationalité chypriote, et a gelé ses avoirs en 2025 tout en lui interdisant l’accès au Royaume-Uni. Ansari nie tout lien avec le Corps des gardiens de la révolution islamique ou avec Mojtaba Khamenei.
Ces révélations viennent à un moment de forte tension économique interne : l’inflation atteignait 52 % en février, un élément utilisé par des observateurs pour mesurer l’écart entre la richesse du pouvoir et la situation de la population.
Vu par lemanfinance sur : Bloomberg