Jeux en ligne : l’ANJ met en garde contre les plateformes de prédiction, désormais prohibées en France
Lecture rapide :
– L’ANJ met en garde contre les plateformes de prédiction.
– 27,9 milliards de dollars de transactions entre jan. et oct. 2025.
– Polymarket et Kalshi dominent le marché.
L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a alerté le mardi 24 février 2026 sur le caractère addictif des plateformes dites de marchés de prédiction, qui proposent de parier sur l’issue d’événements politiques, sportifs ou géopolitiques. Dans un communiqué, le régulateur rappelle que ces services ne sont pas autorisés en France et les qualifie de jeux d’argent illégaux.
Pourquoi les marchés de prédiction sont interdits en France
Selon l’ANJ, ces plateformes présentent des caractéristiques addictives similaires à celles des jeux d’argent en ligne, mais amplifiées par l’absence des mécanismes de protection prévus sur le marché légal. L’autorité souligne que le marketing de ces sites tend à les présenter comme une forme d’« investissement », attirant de nouveaux profils d’utilisateurs.
L’ANJ précise que, sur sa demande, les principaux acteurs ont mis en place un géoblocage empêchant la prise de jeu depuis la France, sauf via VPN. La régulation française reste claire sur le statut illégal de ces plateformes sur le territoire.
Risques d’addiction et mécanismes financiers
L’ANJ met en avant un mécanisme psychologique décrit comme illusion de compétence, renforcé par des interfaces rapides et des incitations à parier fréquemment. Ces éléments créent un profil de risque différent de celui des opérateurs agréés, faute de dispositifs de prévention et de protection des joueurs.
Sur le plan économique, l’autorité relève que les frais de transaction, directs ou indirects, constituent la principale source de revenus pour la majorité de ces marchés.
La suite des précisions chiffrées illustre l’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale.
Impact international et chiffres
Entre janvier et octobre 2025, les volumes cumulés de transactions sur les principales plateformes mondiales ont dépassé 27,9 milliards de dollars (23,7 milliards d’euros), selon l’ANJ. Une étude citée par l’autorité estime les revenus cumulés à environ 2 milliards de dollars (1,70 milliard d’euros).
Outre la France, plusieurs pays européens ont bloqué l’accès à ces sites, parmi eux Allemagne, Belgique, Roumanie, Suisse, Pays-Bas, Pologne, Grèce, Chypre, Ukraine et Portugal. Ces mesures visent à contrer des services considérés comme opérant sans la licence requise.
Blocages et actions réglementaires à l’étranger
Aux États-Unis, Polymarket a obtenu l’autorisation de la CFTC pour proposer des paris aux résidents américains en novembre 2025, mais le Nevada Gaming Control Board a récemment assigné la plateforme en justice, estimant que ses marchés constituent des jeux d’argent illégaux et doivent être bloqués.
Par ailleurs, l’Australie a placé Polymarket sur liste noire le 14 août 2025 et la Colombie a demandé en septembre 2025 aux fournisseurs d’accès de bloquer la plateforme.
Publié le 24/02/2026 à 15:17 – Mis à jour le 24/02/2026 à 15:17 – avec AFP
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