Violence dans les gares allemandes : aux racines des zones à haut risque criminel
Lecture rapide :
– Renforcement de la police fédérale dans dix grandes villes
– 27 800 infractions violentes recensées en 2025
– Interdictions d’armes et d’alcool adoptées dans plusieurs gares
Depuis ce week-end, la police fédérale a accru sa présence dans les gares de dix grandes villes allemandes, une réponse directe aux tensions liées à la criminalité et à l’insécurité dans les transports. À la gare centrale de Francfort-sur-le-Main, la Deutsche Bahn alerte encore sur les pickpockets et la présence visible de toxicomanes autour de la Kaiserstraße, sans que la situation ait semblé radicalement évoluer ces dernières années.
Gares allemandes et zones à haut risque : les chiffres 2025
Les statistiques publiées pour 2025 font apparaître 27 800 infractions violentes commises dans les gares. On y compte 980 attaques au couteau, plus de 2 200 délits sexuels et 5 660 actes de violence visant des agents de la police fédérale.
Concentration des agressions et gares concernées
En 2025, la gare centrale de Leipzig a enregistré 859 infractions violentes, la gare de Dortmund 735 et la gare centrale de Berlin 654, plaçant ces sites en tête des lieux les plus touchés. Selon la police, les auteurs présumés étaient plus souvent de nationalité non allemande que allemande, information reprise dans les bilans officiels.
Le décès d’un contrôleur à bord d’un train régional en Rhénanie-Palatinat en février a ravivé le débat sur les agressions visant le personnel ferroviaire et intensifié les demandes d’action contre la délinquance dans les transports.
Mesures prises : interdictions, caméras et débats politiques
Des interdictions de port d’armes le week-end ont été instaurées dans plusieurs gares, notamment à la gare centrale de Munich, à l’Ostbahnhof de Munich, ainsi que dans les gares centrales de Nuremberg, Ratisbonne et Rosenheim, autorisant selon le Süddeutsche Zeitung des contrôles et fouilles sans motif concret. L’interdiction de consommer de l’alcool, appliquée à Cologne Hbf depuis avril, s’étend à des gares comme Bonn, Düsseldorf, Duisburg, Essen, Dortmund et Münster.
Sur le plan politique, le vice-président du groupe CDU au Bundestag, Günter Krings, plaide pour davantage de caméras et des solutions techniques afin d’alléger la charge des forces de l’ordre. L’AfD réclame des peines plus sévères et des expulsions, tandis que le porte-parole des Verts, Marcel Emmerich, juge la vidéosurveillance utile mais insuffisante et critique l’emploi d’agents pour des contrôles frontaliers au détriment de la sécurité publique dans les gares.
La Deutsche Bahn, qui dispose d’un droit de domicile dans les gares, impose également des règles propres, comme l’interdiction de l’alcool, pour tenter d’atténuer les foyers de violence et les zones à haut risque. Malgré ces mesures, la visibilité de l’insécurité alimente un débat public intense sur la prévention et la présence humaine dans les transports.
La problématique n’est pas strictement allemande : la récente attaque au couteau à Winterthour en Suisse illustre la persistance des agressions dans les gares d’Europe.
Vu par lemanfinance sur : Euronews