Explosion du surendettement dans le Doubs : une hausse de 20 % en seulement deux ans
« Lecture rapide :
– Surendettement en hausse de 20 % dans le Doubs en deux ans
– 1 204 dossiers déposés en 2025
– +36 % de dossiers chez les moins de 30 ans (niveau national) »
La commission plénière de surendettement du Doubs, réunie le 26 février 2026 dans les locaux de la Banque de France à Besançon, a confirmé une explosion des dossiers : 1 204 dépôts en 2025, soit une hausse de 7 % par rapport à 2024 et +20 % par rapport à 2023. Ce rebond s’inscrit dans un contexte plus large de crise financière ressentie par des ménages confrontés à une baisse de revenus et à une hausse des coûts fixes.
Pourquoi la hausse du surendettement concerne le Doubs
Les motifs diffèrent selon les territoires. Autour de Montbéliard, la difficultés économiques liées à la désindustrialisation pèsent sur l’emploi et expliquent une part importante des dépôts. Selon Laurent Quinet, directeur départemental de la Banque de France, le taux de chômage y est passé à un niveau à deux chiffres, ce qui fragilise la gestion budgétaire des ménages.
Sur la zone frontalière avec la Suisse et dans le Haut-Doubs, la contraction de l’activité horlogère crée un bas de cycle. Les donneurs d’ordre ont moins de débouchés; les sous-traitants voient leur volume d’activité diminuer, affectant les frontaliers et les salariés locaux. L’élément déclencheur des dossiers dans ces secteurs reste souvent la dette immobilière, pointant la sensibilité des ménages à des aléas économiques.
Comparaisons régionales et profil des ménages affectés
Le Doubs n’est pas le département le plus affecté de la région Bourgogne‑Franche‑Comté : en 2025, 355 dossiers ont été déposés dans le Territoire de Belfort, 305 dans le Jura et 297 en Haute‑Saône. Ces chiffres traduisent une diffusion de la crise financière locale, avec des variations selon les bassins d’emploi.
Au plan des caractéristiques, les ménages en situation de surendettement comprennent 30 % de chômeurs, 51 % de femmes, 56 % d’employés ou ouvriers, et 52 % d’individus âgés de 35 à 54 ans. Le principal sujet d’inquiétude demeure la progression nationale des dossiers pour les moins de 30 ans, en hausse de 36 %, signe d’un endettement croissant chez une population plus jeune.
Conséquences locales et gestion budgétaire des ménages
L’augmentation du nombre de dossiers se traduit par une pression accrue sur les dispositifs d’accompagnement : procédures de traitement, mesures imposées et médiation. Au niveau national, les commissions orientent un nombre croissant de dossiers vers des solutions contraignantes, reflétant la gravité de la situation.
Sur le plan individuel, la combinaison d’un marché du travail perturbé, d’une inflation des coûts fixes (logement, énergie) et d’une moindre capacité à gérer l’endettement mène à des situations où la gestion budgétaire devient systématiquement insuffisante pour couvrir les engagements. Cette dynamique alimente l’explosion des dépôts observée dans le département.
Vu par lemanfinance sur : Radio France – Dimitri Imbert