« Nous refusons de partir sans nous faire entendre » : 32 suppressions de postes annoncées dans une entreprise de matériel
Lecture rapide :
– PSE : 32 postes supprimés sur 36 à Rivesaltes
– Annonce faite le 4 mars 2026
– Activité transférée vers Chalonnes‑sur‑Loire
Bucher Vaslin, fabricant d’équipements vinicoles basé à Rivesaltes, a présenté un plan de sauvegarde de l’emploi le 4 mars 2026, prévoyant la suppression de 32 emplois sur les 36 du site. Vingt‑sept salariés ont signé un communiqué dénonçant « un véritable coup de tonnerre » et exprimant une « vive inquiétude ». La direction prévoit de transférer l’activité vers le site de Chalonnes‑sur‑Loire, où travaillent déjà 238 personnes.
Suppressions d’emplois à Bucher Vaslin Rivesaltes et transferts d’activité
Selon les salariés, le plan de sauvegarde de l’emploi entraîne l’arrêt de la production sur le site catalan et le transfert de stocks et de machines‑outils vers Chalonnes‑sur‑Loire. Le site de Rivesaltes occupe une surface de 12 000 m², jugée désormais « largement surdimensionnée » par les employés.
Les ouvriers rapportent que la direction maintiendrait artificiellement quelques postes au bureau d’études, sans garantie de pérennité sur place. Cette réorganisation pose un risque direct pour la continuité des emplois locaux et pour le tissu économique du bassin d’emploi.
Réactions des salariés et demandes adressées aux pouvoirs publics
Les salariés ont déclaré « Nous ne voulons pas mourir en silence » et espèrent l’intervention d’un repreneur éventuellement intéressé par l’usine. Ils réclament le respect des procédures légales liées à la fermeture effective de l’établissement et l’ouverture de véritables négociations avec la direction.
Ils sollicitent également l’intervention des collectivités et des services de l’État (commune de Rivesaltes, conseil départemental, région, préfecture, DREETS) pour garantir les droits des salariés et obtenir un plan d’accompagnement, de mobilité et de reclassement proportionné aux enjeux sociaux.
Contexte : crise viticole et position du groupe Bucher Industries
Les salariés relient cette décision à la crise qui affecte la filière viticole : sécheresse, baisse de consommation, difficultés de caves coopératives et deux campagnes d’arrachage. Ils soulignent que cette restructuration intervient alors que le groupe Bucher Industries affiche une croissance consolidée, avec un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros et un bénéfice net de 251 millions d’euros en 2025.
Le site de Rivesaltes, anciennement Mercier‑Sanchez fondé dans les années 1960 et intégré à Bucher Vaslin depuis 2006, représente pour les employés un patrimoine industriel et technique menacé par la centralisation des productions.
Deux mois après l’annonce du PSE, l’inquiétude demeure vive parmi les salariés qui pointent l’absence d’alternative concrète et l’état peu favorable du marché de l’emploi local. Le sort du site de Rivesaltes est désormais étroitement lié à l’issue des discussions avec la direction et à d’éventuelles offres de reprise.
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