La Suisse, non hôte du G7, redoute pourtant les retombées du grand sommet d’Évian
Lecture rapide :
– Évian accueille le G7 du 15 au 17 juin
– Jusqu’à 7 500 intervenants sécuritaires prévus et craintes de manifestations
– Disputes sur le financement et retombées pour la Suisse
La tenue du G7 à Évian, sur la rive française du lac Léman, mobilise Bruxellois et Suisses à quelques semaines de l’ouverture prévue du 15 au 17 juin. La proximité de l’événement entraîne des conséquences directes pour la Suisse : transit des délégations via l’aéroport de Genève, hébergements en ville et la perspective d’un important déploiement sécuritaire, évalué par la presse à environ 7 500 membres des forces de l’ordre.
Les autorités suisses dénoncent un manque de concertation avec Paris et redoutent des « retombées » financières et opérationnelles. Les souvenirs des débordements de 2003 à Genève sont invoqués, ainsi que la facture passée pour la sécurité, estimée à 40 millions de francs suisses à l’époque.
Sécurité renforcée et mesures transfrontalières autour du sommet d’Évian
Les autorités genevoises préparent des contrôles de circulation stricts à la frontière en prévision du sommet. La préfète de Haute-Savoie, Emmanuelle Dubée, a exclu l’accueil du contre-sommet en France, ce qui laisse la tenue de manifestations No-G7 en partie sur le territoire suisse.
La mémoire des incidents de 2003 et la crainte de débordements expliquent la décision d’engager des moyens importants, y compris militaires. Cette montée en puissance sécuritaire est présentée par certains cantons comme une situation exceptionnelle nécessitant des ressources significatives.
Répercussions sur la mobilité et les entreprises transfrontalières
La fermeture partielle des accès prévue du 12 au 18 juin risque d’affecter les frontaliers et des entreprises romandes. Le président du Groupement transfrontalier européen, René Deléglise, a interrogé publiquement la gestion des indemnités et la tenue des entreprises face à des absences forcées de salariés.
Pour certains commerçants d’Evian, le sommet est synonyme d’une perte de chiffre d’affaires, tandis que les hôtels affichent complet. Ces effets contrastés concentrent les débats locaux sur qui supportera le coût économique du dispositif.
Tensions diplomatiques et partage des coûts entre Paris et Berne
Les relations diplomatiques entre la Suisse et la France sont mises à l’épreuve par le choix du lieu et le calendrier. Un rapport des autorités genevoises du 6 mai pointe l’absence de concertation préalable, et la presse parle d’un courrier du président de la Confédération, Guy Parmelin, adressé à Paris.
Sur le plan financier, Paris a consenti à verser 12 millions d’euros et une somme additionnelle de 3 millions d’euros destinée aux cantons, soit des montants qualifiés par certains médias suisses d’insuffisants au regard des besoins. En 2003, la France avait supporté environ 18 millions des coûts de l’époque.
Le Conseil fédéral a, selon des communiqués, décidé d’engager l’armée et de prendre en charge 80% des frais cantonaux liés à la sécurité, une mesure présentée comme exceptionnelle par les autorités helvétiques.
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