Une entreprise suisse déclenche la controverse en proposant un poste exigeant entre 80 et 100 heures de travail hebdomadaire
Lecture rapide :
– Offre de Forgis exige 80 à 100 heures/semaine
– Salaire annoncé 70 000 francs suisses et 1 % d’actions
– Juriste: près de 100 heures hebdomadaires contraire au droit
La start-up suisse Forgis, spécialisée dans l’intelligence industrielle, a publié sur LinkedIn une annonce pour un poste de responsable du développement à Schlieren (Zurich) réclamant 80 à 100 heures de travail par semaine. L’offre, repérée par le site Blick, propose un salaire annuel de 70 000 francs suisses, un package d’actions de 1 % et la possibilité d’un logement en colocation adjacent au site.
Offre d’emploi Forgis: 80 à 100 heures par semaine et polémique
L’annonce précise que seuls « quelques dimanches de repos » seront accordés, soit des journées pouvant dépasser quatorze heures sans repos hebdomadaire. Le rythme affiché suscite des critiques en Suisse et à l’étranger, dans un pays où la semaine moyenne de travail est d’environ 42 heures et la durée légale peut atteindre 50 heures selon le secteur.
Salaire, comparaison et conditions pratiques
Le salaire proposé de 70 000 francs suisses reste inférieur au salaire médian helvétique, estimé entre 78 000 et 80 000 francs selon les sources citées. La start-up met en avant la rapidité de sa croissance et un logiciel d’optimisation des chaînes de production fondé sur l’intelligence artificielle, mais le panel de rémunération et le logement en colocation soulèvent des questions sur la compensation réelle du temps de travail exigé.
Réactions: direction défend le modèle, juristes évoquent des poursuites
Le PDG, Federico Martelli, a défendu l’offre auprès de Blick en affirmant rechercher des « membres fondateurs » prêts à travailler intensément et assurant que « nous ne forçons personne à postuler ». Il a précisé que la start-up avait reçu 1 200 candidatures pour quatre postes, dont 183 pour le poste de responsable du développement.
Point de vue légal
Pour Roger Rudolph, professeur de droit du travail à l’université de Zurich, un temps de travail « près de 100 heures » constitue une violation manifeste de la législation suisse et pourrait entraîner des poursuites pénales. La question de la légalité de telles annonces et du contrôle effectif du temps de travail reste posée dans le débat public.
Vu par lemanfinance sur : Blick