« La souveraineté numérique européenne plus cruciale que jamais » : la décision stratégique d’Infomaniak
13 mai 2026 : Boris Siegenthaler a transféré la majorité des droits de vote d’Infomaniak à la Fondation Infomaniak, une fondation suisse reconnue d’utilité publique. Le transfert porte la part de la fondation à 65 % des droits de vote ; le fondateur et les 36 employés détiennent désormais 35 %.
Souveraineté numérique européenne et décision d’Infomaniak
La Fondation Infomaniak a pour mission de soutenir des projets indépendants dans quatre axes : souveraineté numérique et éducation, numérique éthique, environnement et biodiversité et transition énergétique. La fondation est dotée d’un conseil de quatre membres bénévoles et d’une charte en neuf principes portant sur l’indépendance, la protection des données et la prosperité durable. Infomaniak devra rendre compte annuellement de l’application de ces principes.
Contexte réglementaire suisse et européen
La décision intervient dans un contexte de dépendance européenne aux fournisseurs de cloud américains et alors que la mise en oeuvre des règles européennes relatives à l’intelligence artificielle progresse. Des incidents récents, dont la perte d’accès ponctuelle à des services numériques par des magistrats de la Cour pénale internationale, ont ravivé les débats sur l’autonomie des infrastructures et la résilience opérationnelle. Le modèle de gouvernance par fondation vise à inscrire des garanties de contrôle dans la durée.
Des précédents dans la tech existent : Proton a choisi ce modèle en 2024 et Mozilla l’utilise depuis 2003. Ces exemples offrent des repères juridiques et de gouvernance, sans néanmoins offrir une assurance totale sur l’absence de controverses opérationnelles ultérieures.
Impacts opérationnels pour entreprises, institutions et chercheur·e·s
Pour les entreprises utilisatrices, le changement de gouvernance ne modifie pas immédiatement l’offre technique, mais renforce les signaux en matière de résidence des données et de conformité au RGPD et aux obligations émergentes sur l’IA. Les autorités fédérales et cantonales en charge des achats publics pourront considérer cette architecture comme un facteur de réduction du risque juridique lié aux fournisseurs étrangers.
Du point de vue des centres de recherche et des universités, la stabilité actionnariale facilite des partenariats de long terme pour l’hébergement de jeux de données sensibles et le développement de modèles locaux. Les contraintes restent la capacité d’investissement pour des fermes de calcul à haute efficacité énergétique et la compétitivité face aux hyperscalers internationaux. Ces éléments conditionnent la montée en charge opérationnelle et la portée des collaborations internationales.