«Pas question d’une Suisse à 10 millions d’habitants» : ce que révèlent les sondages avant le référendum sur l’immigration
Lecture rapide :
– Référendum UDC pour plafonner la population à 10 millions
– 9,1 millions d’habitants en novembre 2025, 27% d’étrangers
– Derniers sondages donnent le non en tête à quelques jours du vote
Le 14 juin 2026, les citoyennes et citoyens suisses votent sur l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», déposée par l’Union démocratique du centre. Le texte propose d’inscrire dans la Constitution un plafond de population résidente permanente à 10 millions jusqu’en 2050. Selon les chiffres cités en campagne, la Suisse comptait 9,1 millions d’habitants en novembre 2025, dont 2,5 millions d’étrangers (27%), et a gagné environ 1,7 million de personnes depuis l’ouverture de la libre circulation en 2002.
Sondages et dynamique de campagne avant le référendum sur l’immigration
Les enquêtes ont montré une évolution sensible de l’opinion durant la campagne. En fin 2025, un sondage Tamedia évoquait 48% pour le «oui» contre 41% pour le «non», avec 11% d’indécis.
Au printemps 2026, la tendance a basculé. Une enquête LeeWas pour 20 Minutes et Tamedia faisait apparaître 52% au «oui» fin avril, puis le même institut inversait la course le 3 juin avec 47% pour le «oui» et 52% pour le «non». L’institut gfs.bern pour la SSR donnait le 3 juin 45% au «oui» et 52% au «non». Un sondage YouGov du 27 mai affichait 43% de soutien au «oui» et 51% au «non».
Ce que prévoit précisément l’initiative
Le texte impose une obligation d’action si la population résidente permanente dépasse 9,5 millions avant 2050. Le gouvernement et le Parlement devraient alors adopter des mesures touchant notamment le droit d’asile et le regroupement familial, et négocier des clauses de sauvegarde dans les accords internationaux jugés contributifs à la croissance démographique.
Si la barre des 10 millions était franchie avant 2050, la Confédération devrait dénoncer, dans un délai de deux ans, les accords concernés, en particulier l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne.
Arguments des partisans et des opposants
Les partisans de l’initiative, menés par l’UDC, lient la hausse démographique à des problèmes tels que la pression sur le logement, la densification du territoire et la saturation des infrastructures. Le vice-président de l’UDC, Thomas Matter, a évoqué une «perte d’identité» et une «baisse de la qualité de vie» dans la campagne.
Les opposants, soutenus par la majorité des grands partis, le gouvernement et le Parlement, répondent que l’initiative ne créerait pas de logements supplémentaires, n’endiguerait pas l’immigration irrégulière et priverait l’économie de main-d’œuvre nécessaire. Cette critique a contribué à inverser la dynamique des sondages dans les dernières semaines avant le vote.
Vu par lemanfinance sur : Google News