« Une voie sans retour » : des experts décryptent le projet controversé de vente de la…
Lecture rapide :
– Projet Fifa: création d’une filiale commerciale ouverte aux capitaux privés
– 4,2 milliards $ visés pour 20% de la nouvelle entité
– Ultimatum aux 211 fédérations: décision requise avant le 19 septembre
La Fifa, sous l’impulsion de son président Gianni Infantino, a présenté un plan visant à créer une filiale commerciale (FFE) et à en céder une part au secteur privé. L’opération prévoit la vente de 20% de cette société pour environ 4,2 milliards de dollars, un montage confié en partie au fonds Thrive Capital piloté par Joshua Kushner. Deux experts, Pierre Rondeau et Jean‑Baptiste Guégan, estiment que l’initiative marque une bascule vers la financiarisation d’un patrimoine sportif mondial.
Enjeux économiques de la création d’une filiale commerciale de la Fifa
Les défenseurs du projet mettent en avant la redistribution de recettes vers les 211 associations membres et la volonté d’augmenter les revenus autour de la Coupe du monde. Les critiques rappellent que la Fifa n’est pas en péril: l’instance affiche pour la période 2023‑2026 un chiffre d’affaires déclaré proche de 11 milliards de dollars. Pour Pierre Rondeau, la différence majeure avec d’autres ventes d’actifs sportifs réside dans l’absence d’urgence financière pour la Fifa; l’objectif réel serait la recherche de «lucrativité» par des actionnaires privés.
Conséquences commerciales prévues
Les experts anticipent une multiplication des opérations commerciales: naming des compétitions, accroissement de la publicité en jeu, évolution des formats et hausse des prix de billetterie. Jean‑Baptiste Guégan évoque une perte d’âme et une logique de marchandisation accrue, citant l’élargissement possible du format de la Coupe du monde comme conséquence extrême. L’impact attendu est une transformation durable des revenus et de l’expérience du public.
Opacité, conflits d’intérêts et choix des partenaires
Le choix de confier une partie du rachat au fonds Thrive Eternal (Thrive Capital) dirigé par Joshua Kushner suscite des questions sur les liens d’influence, en particulier du fait des connexions familiales avec l’entourage de Donald Trump. Pierre Rondeau signale un risque de manque de transparence et évoque la nécessité de garanties face à des possibles ingérences ou collusions. Jean‑Baptiste Guégan parle quant à lui d’une forme d’accaparement par une minorité de puissants autour de dirigeants influents.
Le montage et les modalités détaillées de gouvernance restent partiellement non communiqués, selon les documents rendus publics et les enquêtes de presse.
Réactions politiques et comparaisons avec d’autres projets controversés
La perspective d’une privatisation partielle du patrimoine collectif a entraîné des réactions politiques et médiatiques. Le cas a été rapproché par certains observateurs d’autres dossiers sensibles de politiques publiques et d’infrastructures faisant l’objet de polémiques, comme le chantier très débattu de l’autoroute A69 en France, qui illustre la confrontation entre intérêts financiers et intérêts publics selon une enquête. Une synthèse médiatique propose par ailleurs un panorama des réactions d’experts et d’associations sur le projet sur Yahoo France.
Ultimatum, calendrier et pression sur les fédérations nationales
La Fifa a fixé une échéance: chaque association membre doit se prononcer avant le 19 septembre. Si 50% des fédérations acceptent, le projet sera soumis au Conseil de la Fifa pour adoption rapide. La structure de redistribution envisagée prévoit un volet de développement et des versements ponctuels aux fédérations volontaires; les montants cités publiquement varient selon les documents, évoquant soit un versement «pouvant atteindre 20 millions», soit des sommes autour de 40 millions de dollars pour les fédérations favorables.
Les analystes s’attendent à une pression accrue sur les fédérations aux ressources limitées, ce qui pourrait creuser la fracture entre grandes et petites associations et favoriser des majorités en faveur du plan. Tension financière et choix politiques se trouvent au cœur du vote.
Vu par lemanfinance sur : Google News
Que propose exactement le projet de la Fifa ?
La Fifa veut créer une filiale commerciale (FFE) et céder 20% de son capital à des investisseurs privés pour environ 4,2 milliards de dollars, afin de générer et redistribuer des revenus.
Qui sont les partenaires pressentis ?
Le fonds Thrive Capital, via une entité intitulée Thrive Eternal dirigée par Joshua Kushner, est cité comme principal investisseur. D’autres détails sur la composition finale des investisseurs restent non communiqués.
Quel calendrier pour la décision des fédérations ?
Les 211 associations membres disposent d’un ultimatum fixé au 19 septembre. Si 50% d’entre elles soutiennent le projet, il sera présenté au Conseil de la Fifa pour adoption.
Quels sont les risques juridiques ou de gouvernance ?
Les critiques portent sur l’opacité du montage, le risque de conflits d’intérêts liés aux liens entre investisseurs et personnalités influentes, et l’absence d’informations publiques complètes sur la gouvernance et les garanties.
Source: rmcsport.bfmtv.com