Ce projet d’autoroute entre la France et la Suisse ravive les tensions : « On dévore les terres agricoles »
Lecture rapide :
– Projet d’autoroute A412 relance les tensions transfrontalières
– 16,5 km, 45’000 véhicules par jour visés; coût ~350 millions d’euros
– Six exploitations menacées; compensation agricole 5 millions d’euros
Le projet d’autoroute reliant Machilly à Thonon‑les‑Bains ravive le débat entre France et Suisse sur la gestion des axes frontaliers. Voirie saturée et flux pendulaires vers Genève sont invoqués par ses promoteurs pour justifier la liaison payante de 16,5 km, destinée à alléger le trafic estimé à 45’000 véhicules quotidiens dans la vallée.
Impact sur l’agriculture et les terres agricoles autour du Chablais
Le tracé retenu menace plusieurs exploitations locales. Six fermes sont identifiées comme directement touchées; la famille Roch perdrait environ 15% de ses surfaces de pâture, selon le reportage. Les agriculteurs dénoncent une atteinte à l’autonomie alimentaire et au modèle d’agriculture locale.
Pour les exploitants, le projet symbolise une emprise foncière lourde sur des terres agricoles et des paysages déjà attractifs. Les opposants mettent en avant le risque de fermeture d’exploitations et une perte de capacité de production locale.
Aménagements prévus, coûts et modalités
La future A412 serait une deux fois deux voies gérée en concession. Le coût global est évalué à près de 350 millions d’euros, tandis que le département propose une compensation de 5 millions d’euros pour la filière agricole.
Le concessionnaire prévoit des équipements: trois points d’échange, trois aires de covoiturage pour une capacité totale d’environ 400 places, arrêts de bus et boxes sécurisés pour vélos, selon Philippe Sénéchal d’Amedea. Les promoteurs évoquent un gain d’une vingtaine de minutes sur certains trajets transfrontaliers.
Oppositions, environnement et risques juridiques
Le projet concentre les critiques d’associations et de collectifs. Une ZAD a été installée sur un terrain privé, et l’ACPAT74 ainsi que STOP A412 dénoncent la disparition de « plusieurs dizaines d’hectares » d’habitats d’espèces protégées.
France Nature Environnement a annoncé son intention de saisir la justice, évoquant un impact écologique majeur. Les opposants estiment aussi que la nouvelle autoroute attirera davantage d’installations dans le Chablais, accentuant la pression foncière.
Calendrier et incertitudes administratives
Les travaux pourraient débuter d’ici la fin de l’année, sous réserve d’une autorisation préfectorale et des recours possibles. L’octroi de la concession au groupe Eiffage a accéléré le calendrier, mais des procédures juridiques peuvent encore retarder le lancement.
Le débat oppose des arguments d’aménagement pour désenclaver un territoire et des craintes sur la préservation des terres agricoles et de l’environnement; la détermination des acteurs locaux reste palpable.
Vu par lemanfinance sur : TF1 Info