Neuf pays européens exhortent l’UE à simplifier les contrôles du système EES : un enjeu prioritaire
Lecture rapide :
– Neuf pays demandent de prolonger la flexibilité sur l’EES
– Risques de files et retards pouvant aller jusqu’à cinq heures
– Appels à une refonte du système EES et à des contrôles simplifiés
Neuf gouvernements européens ont adressé une lettre commune à la Union Européenne pour demander la prolongation de la flexibilité temporaire autorisant la suspension des nouveaux contrôles biométriques du système EES au-delà du 6 septembre. Les signataires sont la Belgique, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, Malte, les Pays-Bas, le Portugal et la Suisse.
Pourquoi les pays européens demandent une prolongation des flexibilités EES
La lettre met en avant des « difficultés importantes » observées lors du déploiement complet du système, notamment lorsque les points de passage subissent de fortes contraintes. Les ministres réaffirment leur soutien aux contrôles aux frontières tout en estimant que l’arrêt programmé du mécanisme de suspension partielle le 6 septembre constitue « une source de préoccupation sérieuse et légitime » pour les États membres et le secteur des transports.
Le mécanisme en question autorise, en cas de circonstances exceptionnelles, la suspension temporaire de la collecte des empreintes digitales et des scans faciaux afin de réduire la congestion aux postes frontaliers. Les signataires demandent que cette capacité reste disponible après la date prévue.
Réactions des opérateurs aériens et aéroports
Des acteurs du transport aérien ont dénoncé des conséquences opérationnelles lourdes. Le directeur général d’easyJet a qualifié les files d’attente aux frontières de « totalement inacceptables » et a exhorté à l’usage immédiat des flexibilités existantes, ou à leur prolongation si elles ne peuvent être mises en œuvre efficacement.
Le gestionnaire de 14 aéroports grecs, Alexander Zinell (Fraport Greece), a décrit des « défauts fondamentaux » dans les contrôles et expliqué que des tonnelles et des priorités pour voyageurs vulnérables avaient dû être mises en place pour pallier les attentes prolongées. Selon des acteurs du secteur, des retards aux frontières peuvent atteindre cinq heures, perturbant passagers, vols et tourisme.
Le porte-parole de la Commission européenne, Markus Lammert, a salué « l’engagement explicite » des pays en faveur de la mise en œuvre complète de l’EES et assuré que la Commission reste en « contact étroit et constructif » avec les États membres rencontrant des difficultés à certains points de passage.
Enjeux pour la gestion des frontières, la sécurité et la coopération internationale
La controverse soulève des questions sur l’articulation entre gestion des frontières, sécurité et fluidité des déplacements. Le système EES vise à fiabiliser les contrôles et lutter contre l’immigration irrégulière, mais son application intégrale met en lumière des tensions entre protection des frontières et capacités opérationnelles des points d’entrée.
Les demandes de ces pays européens insistent sur la nécessité d’une coordination renforcée au sein de la Union Européenne et d’une coopération internationale accrue entre autorités frontalières et secteur aérien. Les débats s’inscrivent plus largement dans l’évolution des politiques européennes de gestion des flux migratoires et de sécurité.
La prolongation des flexibilités ou une révision technique du système EES apparaissent comme des options sur la table. Les autorités et le secteur réclament que toute décision prenne en compte l’impact opérationnel sur les voyageurs et la continuité des liaisons transfrontalières, dans un cadre de coopération internationale et de respect des objectifs de sécurité et de gestion de la migration.
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