Journées du crime et de la science à Pleumeur-Bodou : l’intelligence artificielle révolutionne les enquêtes criminelles
Olivier Ribaux, enseignant à l’université de Lausanne, figure parmi les intervenants liés aux rencontres consacrées à l’intelligence artificielle appliquée aux investigations, en marge des Journées du Crime et de la Science à Pleumeur-Bodou.
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La première édition des Journées du Crime et de la Science se tient les 23, 24 et 25 mai 2025 au Pôle Phoenix de Pleumeur-Bodou. L’événement est annoncé en accès libre et gratuit, ouvert aux professionnels, aux experts et au grand public, avec conférences, ateliers et projections.
Applications opérationnelles et exemple concret
L’intelligence artificielle est présentée comme instrument d’aide à l’analyse de données hétérogènes: vidéosurveillance, traces numériques et base de profils ADN. Un scénario pédagogique met en scène l’inspecteur fictif Martin Durand, chargé de prioriser des centaines d’heures de vidéo grâce à un moteur de détection d’objets et d’anomalies.
La démonstration au salon détaille les apports et les limites techniques: taux de faux positifs, besoin d’annotations de qualité et dépendance aux jeux de données d’entraînement réels. L’intervention de chercheurs de CultureSciences-Chimie et de membres de l’association Crime et Science illustre des workflows de laboratoire reproduits en milieu policier.
Conséquences pour forces de l’ordre, universitaires et entreprises technologiques
Les acteurs identifiés comprennent les forces de police cantonales, des universités comme l’université de Lausanne, des centres locaux tels que le Pôle Phoenix, l’association Crime et Science, l’observatoire ORPB et des médias régionaux comme TV-Trégor. Les entreprises technologiques présentes doivent répondre à des appels d’offres publics avec exigences de traçabilité et d’explicabilité.
Sur le plan opérationnel, les contraintes incluent la capacité de calcul sur site, les processus de validation des modèles et la gouvernance des données sensibles. Des ateliers pratiques ont mis en évidence des délais de mise en production supérieurs à douze mois pour des solutions conformes aux règles internes des services cantonaux.
Cadre juridique suisse et interactions européennes
Les échanges lors des journées insistent sur la nécessité de conformité avec la FADP pour le traitement des données personnelles et sur l’impact du règlement européen AI Act pour les fournisseurs opérant sur le marché européen. Les intervenants soulignent des zones d’incertitude concernant l’utilisation de la reconnaissance biométrique en temps réel et la qualification juridique des systèmes autonomes d’aide à la décision.
La combinaison d’ateliers pratiques et d’interventions académiques vise à clarifier les contraintes techniques, les calendriers de certification et les risques opérationnels pour les acteurs publics et privés impliqués.