Découvrez Georges-Antoine Simonet, le génial inventeur de la mousseline : son histoire et son invention révolutionnaire
Lecture rapide :
– Georges-Antoine Simonet, pionnier de la mousseline à Tarare
– 1710–1778, inventeur méconnu et ruiné
– Fête des Mousselines : 70 km de tissu en 2025
Georges-Antoine Simonet naît en 1710 à Tarare, une cité où l’agriculture peine du fait de sols peu profonds et d’un climat montagnard. La ville vit alors du tissage du chanvre et du lin; son père, marchand de toile, l’initie au tissage et au dessin avant de l’envoyer à Lyon pour parfaire sa formation.
Georges-Antoine Simonet et l’invention de la mousseline de coton en France
En 1735, Simonet devient dessinateur-maître pour la maison Perret à Lyon, où il acquiert une vue d’ensemble de la production textile et se rend à Paris pour suivre les tendances. Ambitieux, il crée en 1745 une fabrique d’étoffes mêlant soie, or et argent, financée par ses économies et un associé anonyme.
Le virage vers le coton intervient après 1751 avec le soutien de la monarchie. Le coton, plus léger et plus lavable que le chanvre, s’impose, provoquant des tensions sociales locales contre les fileuses venues de Normandie. Simonet s’intéresse alors à la mousseline, tissu d’origine bengalais principalement produit en Suisse.
Les obstacles techniques et la protection des savoir-faire suisses
La fabrication de la mousseline repose sur des techniques gardées en Suisse, où la divulgation était sévèrement punie. En 1756, Simonet écrit à l’intendant Daniel-Charles Trudaine pour obtenir protection et part passer un mois en Suisse, où il collecte observations et réalise dessins industriels sans se faire repérer.
De retour à Tarare, il transforme une maison rue Anna-Bibert en atelier. En 1757, il convainc une famille de tisserands suisses de former ses ouvriers, contrat gardé secret et payé cher pour échapper aux autorités helvétiques.
Échecs, choix de matières et soutien financier
Les débuts se heurtent à la qualité insuffisante du coton importé de Nantua. Soutenu financièrement par sa femme, Jeanne Nicole Dubois, et par Trudaine qui fournit du matériel, Simonet adopte le coton en bourre de Cayenne et affine le tissage pour gagner en finesse.
Malgré ces efforts, les investissements pèsent lourd et il doit vendre des biens en 1773. Retiré à Charbonnières-les-Bains, il meurt le 15 août 1778 dans la pauvreté. Cette incapacité à profiter commercialement de son innovation marque sa fin de vie.
Succession, industrialisation et mémoire
Après sa mort, son neveu Claude-Marie Simonet reprend les métiers et, en 1787, importe du coton d’Angleterre puis de Suisse, corrigeant le problème de qualité. La mousseline se produit alors à grande échelle; blanchiment et apprêts se développent autour de Tarare.
La reconnaissance arrive tardivement: une statue est érigée en 1893, fondue en 1942 et remplacée par un monument en marbre en 1990. Depuis 1955, la ville organise la fête des Mousselines tous les cinq ans; l’édition 2025 a déployé 70 kilomètres de mousseline, loin du record de 1912 où plus de 200 kilomètres avaient été exposés.
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