Un travail d’une précision extrême » : les méthodes rigoureuses des enquêteurs pour identifier les victimes après l’incendie de Crans-Montana
Lecture rapide :
– Identification des victimes prioritaire après l’incendie
– Au moins 40 morts, 119 blessés
– 113 blessés identifiés, procédures DVI en cours
Au lendemain de l’incendie qui a ravagé un bar de Crans-Montana le vendredi 2 janvier 2026, les autorités font de l’identification des victimes la priorité. Les bilans recensent au moins 40 morts et 119 blessés, dont la plupart ont été admis dans des services pour grands brûlés en Suisse et à l’étranger. Le président du gouvernement valaisan, Mathias Reynard, a reconnu l' »insoutenable » attente des familles.
Le conseiller d’Etat valaisan chargé de la sécurité, Stéphane Ganzer, a précisé que 113 des 119 blessés avaient été formellement identifiés et que l’identification des six autres se poursuivait. Il a indiqué l’origine d’une partie des blessés: 71 Suisses, 14 Français, 11 Italiens, 4 Serbes, 1 Bosniaque, 1 Belge, 1 Luxembourgeois, 1 Polonais et 1 Portugais, tandis que pour 14 personnes la nationalité restait non précisée.
Méthodes d’identification des victimes après l’incendie de Crans-Montana
Les enquêteurs distinguent d’abord une catastrophe « ouverte » où il n’existe pas de liste préétablie des personnes présentes. Le colonel Laurent Chartier a expliqué que l’identification repose sur la comparaison entre éléments post-mortem et données ante-mortem fournies par les proches.
Sur des dépouilles fortement carbonisées, les difficultés sont matérielles: corps fragmentés, enchevêtrés ou altérés par la chaleur, ce qui augmente le risque d’erreurs si la minutie n’est pas absolue. Le colonel a souligné que dans ces circonstances les empreintes digitales sont souvent inexploitables, que les dents résistent mieux mais que la jeunesse des victimes complique la comparaison, et que l’ADN demeure un outil central.
Procédure DVI, dossier post-mortem et commission d’identification
Les autorités valaisannes ont fait appel au DVI (Disaster Victims Identification) suisse, composé d’environ trente collaborateurs incluant policiers scientifiques, médecins légistes et dentistes. Le chef de la police judiciaire valaisanne, Pierre-Antoine Lengen, a expliqué que l’équipe relève d’abord les dépouilles puis poursuit l’examen pour compléter le dossier post-mortem.
Le dossier post-mortem rassemble empreintes digitales, prélèvements ADN et éléments dentaires ainsi que objets et vêtements trouvés sur les dépouilles. Ces éléments sont comparés aux informations ante-mortem recueillies auprès des familles; la corrélation est ensuite examinée par une commission d’identification réunissant le ministère public, la médecine légale et un policier. Une fois la correspondance validée, le ministère public peut libérer le corps et la médecine légale compléter le certificat de décès avant l’annonce aux familles.
Les autorités ont assuré qu’un accompagnement personnalisé serait proposé aux proches pendant l’attente et que la procédure, bien que longue, vise à éviter toute erreur d’identification.
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