L’économie suisse face à des vents plus favorables ?
Lecture rapide :
– 2026 vu comme une année de stabilisation plutôt que de rebond
– Accord US réduit les droits de douane de 39% à 15%
– PMI manufacturier à 49,7 en novembre, proche du seuil d’expansion
Après deux années de chocs successifs, l’économie helvétique entre en 2026 dans une phase de stabilisation. Le pire semble derrière, mais la croissance restera modeste et la visibilité imparfaite, avec des moteurs domestiques encore fragiles.
Perspectives 2026 pour l’économie suisse : stabilisation et visibilité
La conjoncture a été affectée par un resserrement monétaire, des tensions commerciales et un franc fort. La Banque nationale suisse (BNS) note que le recul du PIB au troisième trimestre 2025 tient surtout à des facteurs ponctuels et que la visibilité conjoncturelle s’est améliorée.
L’indicateur des directeurs d’achat du secteur manufacturier, après 35 mois de contraction, est remonté à 49,7 en novembre, proche du seuil d’expansion, sans pour autant signaler un redémarrage industriel net. Cette lecture suggère que le point bas cyclique pourrait être derrière nous, sans effacer les risques à court terme.
Accord commercial avec les États-Unis et redressement européen
L’accord visant à ramener les droits de douane américains sur les exportations suisses de 39% à 15% réduit sensiblement l’incertitude pour les exportateurs. Au-delà de l’effet direct, c’est la dissipation du scénario extrême qui permet aux entreprises de planifier et d’ajuster leurs chaînes de valeur.
La reprise budgétaire en Europe, notamment en Allemagne, apporte un soutien progressif. Les enquêtes PMI de la zone euro se sont redressées fin 2025, ce qui, pour la Suisse fortement liée à l’industrie européenne, signifie que l’Europe pourrait cesser d’être un frein à court terme.
La combinaison d’un cadre commercial plus lisible et d’une conjoncture européenne moins déprimée améliore la prévisibilité pour 2026, même si le rythme de croissance restera contenu.
Marchés financiers suisses et rôle du secteur pharmaceutique
Le marché actions suisse conserve des atouts structurels : biais défensif, visibilité bénéficiaire des grandes capitalisations et forte génération de cash-flow. Le consensus prévoit une progression des bénéfices d’environ 6% pour l’ensemble du marché et de 15% pour les petites et moyennes capitalisations.
Le secteur pharmaceutique apparaît comme l’un des piliers les plus visibles. Après des années difficiles, 2026 pourrait marquer un point d’inflexion grâce à des pipelines mieux identifiés et des catalyseurs attendus en oncologie, maladies auto-immunes et neurologie. La résilience du secteur face à un franc fort et sa capacité à générer des dividendes renforcent son attractivité.
Politique monétaire, consommation et principaux risques
En décembre, la BNS a maintenu son taux directeur à 0%, préférant tolérer une inflation inférieure à sa cible plutôt que de revenir aux taux négatifs. Cette stabilité offre un ancrage pour la demande intérieure et le marché immobilier.
La consommation, jusqu’ici amortisseur, pourrait perdre de son relais en 2026 si le marché de l’emploi se normalise : créations de postes en ralentissement et hausse graduelle du chômage depuis des niveaux bas. Le franc suisse, durablement recherché, pèse sur les marges des exportateurs et entretient un risque déflationniste.
Les tensions géopolitiques et des incertitudes politiques à l’étranger restent des sources potentielles de chocs exogènes susceptibles d’affecter la confiance, la visibilité et la monnaie.
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