Eldad Shavit : « Donald Trump se méprend s’il pense que quelques frappes suffiront à faire plier l’Iran »
Lecture rapide :
– Shavit juge une opération limitée insuffisante
– USS Gerald R. Ford et renforts déployés en Méditerranée
– Négociations techniques prévues à Vienne la semaine prochaine
Eldad Shavit, chercheur à l’INSS et ancien du renseignement des Forces de défense israéliennes, met en garde contre l’hypothèse d’une victoire rapide : « L’Iran ne capitulera pas même après quelques frappes ». La pression s’intensifie alors que Washington et Téhéran ont tenu un nouveau cycle de négociations indirectes en Suisse, sous l’égide d’Oman, et que des discussions techniques sont programmées à Vienne la semaine prochaine.
Eldad Shavit : déploiement américain et préparation des frappes
Sur le plan militaire, les Etats-Unis ont renforcé leur présence dans la région. Le porte-avions USS Gerald R. Ford est retourné en Méditerranée orientale après une escale en Crète, et des données de vol signalent qu’au moins une vingtaine d’avions de chasse ont traversé l’Atlantique pour se redéployer vers des bases en Jordanie ou en Israël.
Un destroyer supplémentaire, le USS John Finn, a été envoyé en renfort dans le nord de la mer d’Arabie, le golfe d’Oman et le golfe Persique, constituant selon les médias une armada comparable, pour certains, à celle vue en 2003 lors de l’invasion de l’Irak.
Exigences américaines et refus iranien
Washington aurait posé des demandes sévères : démanteler les sites nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan, accepter une politique de zéro enrichissement et remettre l’uranium enrichi aux Etats-Unis. Ces conditions, si elles étaient appliquées, représenteraient selon Shavit une forme de capitulation.
Téhéran refuse l’arrêt définitif de l’enrichissement et le transfert complet de ses stocks. Les Iraniens pourraient toutefois accepter un encadrement renforcé des inspections, tandis que leur arsenal contient à la fois de l’uranium enrichi à 60 % et des quantités significatives d’uranium à 20 %. Pour l’entretien complet d’Eldad Shavit, voir l’entretien d’Eldad Shavit dans L’Express.
Scénarios d’escalade, rôle d’Israël et contraintes politiques américaines
Le chef du Centcom a présenté des options militaires au président; Donald Trump semble favorisé une opération courte et décisive, un scénario que Shavit juge naïf, estimant qu’une campagne prolongée serait vraisemblablement nécessaire pour atteindre des objectifs majeurs.
En Israël, le Premier ministre a demandé au commandement du Front intérieur d’être en alerte maximale, rappelant la mémoire de la guerre des douze jours où des villes comme Tel-Aviv ont été touchées. L’implication israélienne dans une opération américaine reste incertaine, même si une collaboration est probable à un moment donné.
Sur le plan domestique américain, les démocrates de la Chambre prévoient d’inscrire un projet de loi visant à soumettre un recours à la force à un vote du Congrès, une contrainte politique qui pourrait peser sur une décision d’intervention. Les discussions techniques annoncées à Vienne par le ministre omanais des Affaires étrangères pourraient retarder une décision ; selon Shavit, le facteur temps joue en faveur de l’Iran.
Interroger l’élimination de figures politiques comme l’ayatollah Khamenei ne changerait pas, selon Shavit, la nature du régime : d’autres dirigeants prendraient la relève, et une transformation réelle dépendrait d’un changement interne. Une attaque directe risquerait d’entraîner des ripostes de proxys tels que le Hezbollah ou les Houthis, et d’aggraver la déstabilisation régionale.
Vu par lemanfinance sur : Google News
Quelles forces américaines ont été déployées?
Le porte-avions USS Gerald R. Ford a repris la mer en Méditerranée orientale, au moins une vingtaine d’avions de chasse ont traversé l’Atlantique, et le destroyer USS John Finn a été envoyé en renfort dans le golfe Persique.
Quelles sont les demandes américaines adressées à l’Iran?
Les exigences incluent le démantèlement des sites de Fordo, Natanz et Ispahan, une politique de zéro enrichissement et la remise d’uranium enrichi, des demandes que l’Iran a rejetées.
Pourquoi Shavit juge une opération limitée insuffisante?
Shavit estime que l’Iran ne capitulera pas après quelques frappes et qu’une campagne prolongée serait probablement nécessaire pour atteindre des objectifs stratégiques.
Quel calendrier pour les négociations?
Après des échanges en Suisse, des discussions techniques sont prévues à Vienne la semaine prochaine, selon le ministre omanais des Affaires étrangères.
Source: www.lexpress.fr