Immobilier : Caracol métamorphose les logements vacants en colocations abordables
Lecture rapide :
– Caracol transforme logements vacants en colocations abordables
– 57 places réparties sur 7 sites à Lyon
– Loyers entre 250 et 450 €, mixité 50/50
L’association née à Paris en 2018 a importé son modèle d’habitat partagé à Lyon, où une antenne a ouvert en 2020 à la Maison de l’Hospitalité, 236 Cours Lafayette. Caracol occupe temporairement des bâtiments inoccupés pour y créer des colocations solidaires destinées à des étudiants, jeunes actifs et personnes bénéficiaires de la protection internationale.
Colocations solidaires à Lyon : 57 places sur 7 sites
À Lyon, Caracol propose 57 places réparties sur 7 sites comprenant une péniche, des pavillons à Villeurbanne et Vénissieux, un ancien hôtel de 26 places aux Cordeliers et plusieurs logements autour de la Part-Dieu. Ces lieux sont occupés de manière temporaire, le temps d’un projet de vente, de rénovation ou d’un changement d’usage.
Le fondateur, Simon Guibert, souligne que le modèle profite de la disponibilité de bâtiments vides et répond aux tensions du marché immobilier qui empêchent parfois des étudiants ou jeunes actifs de rester en ville. L’association présente ce dispositif comme une réponse transitoire et encadrée plutôt qu’un logement d’urgence.
Rents accessibles et mixité sociale
Les loyers pratiqués vont de 250 à 450 euros charges comprises, une fourchette pensée pour garantir un reste à vivre minimal et permettre l’accès au logement aux personnes disposant au moins des minima sociaux, selon Léa Geniès, directrice régionale Auvergne-Rhône-Alpes. Caracol insiste sur le caractère non urgent de l’offre et sur l’accompagnement social et professionnel proposé aux habitants.
La composition des colocations vise la mixité : 50 % de réfugiés statutaires et 50 % de jeunes actifs, étudiants ou salariés. Pour Simon Guibert, la cohabitation facilite l’apprentissage de la langue et l’intégration aux codes sociaux locaux.
Processus d’entrée et partenaires
La sélection suit plusieurs étapes : un formulaire en ligne, un entretien individuel puis une rencontre avec les habitants qui valident le candidat. Léa Geniès assure que les colocataires se choisissent entre eux pour limiter les conflits et garantir la bonne tenue des logements.
Les partenaires sont principalement publics, cités la Métropole de Lyon et la Ville de Villeurbanne, avec des contributions ponctuelles du privé comme le promoteur 6e Sens Immobilier. Caracol pratique l’intermédiation locative en proposant parfois une sous-location à 10–15 % sous le marché et a ouvert un immeuble pérenne de 12 colocataires avenue Berthelot, financé par la société d’investissement Remake Live.
Financement et perspectives
L’association prépare une levée de fonds comprise entre 1 et 1,5 million d’euros pour soutenir son développement et élargir le modèle. Ce montage financier doit permettre d’augmenter le nombre de logements pérennes tout en maintenant des loyers maîtrisés.
La transformation de logements vacants apporte une solution aux propriétaires face au coût de l’inoccupation, mais le recours à l’urbanisme transitoire reste limité par l’absence d’avantages fiscaux forts pour le privé, explique Léa Geniès.
Contexte public et données nationales
Sur le plan politique, la municipalité de Lyon a évoqué une possible taxation des logements vacants afin de faciliter leur remise sur le marché, mais l’action publique reste jusqu’ici centrée sur l’encadrement des loyers. Le sujet des logements inoccupés gagne en visibilité dans les débats locaux.
Selon l’Insee, 3,1 millions de logements sont vides en France, soit environ 8 % du parc, un chiffre mis en regard des besoins étudiants et des tensions sur le marché locatif.
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