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April 29, 2026
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Bruno Lafont, ancien dirigeant de Lafarge, aujourd’hui incarcéré

Avr 14, 2026

Lecture rapide :
Bruno Lafont condamné à six ans de prison
225.000 euros d’amende et incarcération immédiate
– Condamnation pour financement du terrorisme en 2013-2014

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé une peine de six ans d’emprisonnement à l’encontre de Bruno Lafont, 69 ans, pour financement du terrorisme en Syrie pendant 2013-2014. Arrêté dans la salle d’audience, il a été emmené par des policiers et devrait dormir derrière les barreaux la nuit suivante.

L’ancien dirigeant, qui a dirigé le cimentier entre 2007 et 2015, a nié avoir été informé des versements aux groupes jihadistes et a répété avoir «dit la vérité» et être «innocent». Son avocate a annoncé un appel de la condamnation et le dépôt d’une demande de mise en liberté.

Condamnation pour financement du terrorisme en Syrie

Le tribunal a estimé que les paiements versés en 2013 et 2014 avaient permis à des groupes jihadistes de maintenir l’usine syrienne en activité et de «préparer des attentats terroristes», dont ceux de janvier 2015 en France. Les magistrats ont jugé Bruno Lafont comme l’«artisan» de ce système, en raison de sa position «au sommet de la chaîne hiérarchique» et d’un maintien de l’activité pour un «choix purement économique».

Déclarations, reproches judiciaires et peine

Le tribunal a fustigé la «mauvaise foi» et la «lâcheté» de l’ex-patron, le condamnant à une incarcération immédiate et à une amende de 225.000 euros. Lors du procès, Bruno Lafont a soutenu que, s’il avait su plus tôt, il aurait fermé l’usine et «pu épargner toutes ces souffrances».

La décision de condamner pour financement du terrorisme repose sur l’enchaînement des versements et leur effet concret sur la capacité opérationnelle des groupes armés dans la zone. Le caractère économique des choix au sommet de la direction a été souligné par le jugement.

Parcours professionnel et fusion Lafarge-Holcim

Diplômé de HEC et de l’ENA, Bruno Lafont est entré chez Lafarge en 1983 via la direction financière et en a pris la présidence en 2007. Il a recentré le groupe vers les marchés émergents et procédé à des cessions pour réduire une dette évaluée à 16 milliards d’euros.

Fusion avec Holcim et positions dominantes

C’est sous sa direction que Lafarge a entamé la fusion avec le suisse Holcim en 2015, opération présentée comme une fusion entre égaux. Presses de l’époque ont évoqué un surnom, «Bonaparte», et des tensions autour de la direction du nouveau groupe, avant qu’il n’obtienne finalement une coprésidence pour deux ans.

Ses choix stratégiques, marqués par des investissements à l’international et des cessions d’actifs, ont servi à améliorer la structure financière du groupe mais n’ont pas empêché la recherche d’un partenaire pour assurer sa pérennité. Cette trajectoire éclaire le contexte de la décision stratégique qui a précédé les événements jugés en 2025.

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Antoine Aeschlimann

Pour Léman Finance, je décrypte l’actualité juridique et réglementaire liée aux questions économiques et financières, et je m’autorise également à sortir de mes thématiques habituelles pour analyser des faits d’actualité populaire.

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