Suisse : La BNS renforce sa détermination à contrer la surévaluation marquée du franc
Lecture rapide :
– La BNS se dit prête à intervenir sur le marché des changes
– L’euro est tombé à 0,9037 franc, puis à 0,906 (-0,32%)
– La dernière déclaration comparable remonte à 2016
La Banque nationale suisse (BNS) a indiqué lundi qu’elle était davantage disposée à intervenir sur les marchés des devises après que le conflit au Moyen‑Orient a propulsé le franc suisse à ses plus hauts face à l’euro depuis plus d’une décennie. La banque a émis une rare intervention verbale pour signaler sa volonté de freiner une appréciation rapide susceptible de provoquer une inflation négative et de pénaliser les exportateurs suisses.
Motifs et mécanisme possibles d’intervention de la BNS
Selon le communiqué, la BNS est prête à agir pour contrer une appréciation rapide et excessive du franc. L’objectif explicite est de préserver la stabilité des prix en Suisse et d’éviter un choc pour les entreprises exportatrices.
La banque n’a pas précisé si elle avait déjà procédé à des opérations sur le marché des changes. Les analystes s’attendent à des ventes de francs pour ralentir leur montée, plutôt qu’à une défense d’un seuil donné.
Situation des devises et données récentes
En séance lundi l’euro a touché 0,9037 franc avant de revenir à 0,906 franc, marquant une baisse journalière de 0,32%. Ce mouvement reflète un afflux vers les valeurs refuges après l’escalade du conflit au Moyen‑Orient.
La BNS a rappelé que cette volatilité mettrait en danger la stabilité des prix si elle se poursuivait. La banque a refusé de confirmer publiquement des interventions déjà réalisées.
Références historiques et réactions d’économistes
La dernière prise de position comparable date de 2016, liée à la volatilité après le vote britannique sur le Brexit. En 2015, la suppression du taux plancher avait provoqué une chute de l’euro jusqu’à 0,850 franc.
Charlotte de Montpellier, économiste senior chez ING, a qualifié la déclaration de surprise mais cohérente avec la pression exercée sur la banque. Alessandro Bee d’UBS estime que la BNS vendra des francs pour ralentir l’appréciation, sans abaisser le taux directeur en dessous de son niveau actuel de 0%.
Limites attendues des mesures
Les intervenants estiment que la BNS cherchera à ralentir la tendance plutôt qu’à défendre un seuil précis. D’après Alessandro Bee, une baisse des taux ou des mesures d’urgence ne seraient appropriées qu’en cas de difficultés prolongées à l’échelle mondiale.
Les analystes soulignent aussi que la flambée actuelle est davantage liée à la géopolitique et à l’aversion au risque qu’à un déséquilibre structurel durable dans la zone euro.
Article rédigé d’après un texte en anglais de John Revill, version française par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin. Vu par lemanfinance sur : Google News