L’industrie de l’aluminium à Dunkerque sur le point de changer de mains : un groupe bahreïnien en position d’acquéreur
Lecture rapide :
– Aluminium Dunkerque en négociations exclusives avec Alba
– 750 emplois sur le site de Loon-Plage, production ~300’000 t/an
– Transaction possible en 2026, montant non communiqué
Aluminium Dunkerque, usine historique du Nord de la France employant 750 personnes, a annoncé être entrée en négociations exclusives avec Aluminium Bahrain (Alba), l’un des plus grands producteurs d’aluminium au monde. Les deux groupes indiquent que l’opération reste soumise aux autorisations françaises et européennes et pourrait être finalisée courant 2026, sans qu’un montant ne soit révélé.
Aluminium Dunkerque et Alba : continuité industrielle et chiffres clés
Le communiqué rappelle que le site de Loon-Plage produit environ 300’000 tonnes d’aluminium par an. Alba, créée en 1971, affiche une capacité de production proche de 1,6 million de tonnes, ce qui, selon les deux parties, permettrait de créer un groupe plus diversifié et d’élargir la clientèle à l’échelle mondiale.
Le dirigeant d’Alba, Khalid Al Rumaihi, a assuré que ni l’emploi ni l’équipe dirigeante du site ne seraient affectés. Guillaume de Goÿs, président d’Aluminium Dunkerque, a souligné la bonne santé actuelle du site avec un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros et un bénéfice net de 120 millions en 2024.
Origine du dossier et regard des autorités françaises
Le site, ancien fleuron de Pechiney fondé en 1991, avait été repris en 2021 par le fonds américain AIP après le retrait du conglomérat de Sanjeev Gupta. L’annonce d’une mise en vente fin 2025 avait alarmé les syndicats et déclenché une attention soutenue des pouvoirs publics.
Le ministère de l’Économie à Bercy a indiqué qu’il examinerait avec « la plus grande rigueur » la procédure de contrôle des investissements étrangers et veillerait au respect des engagements. En l’état, la demande d’autorisation n’a pas encore été déposée, selon le communiqué.
Perspectives pour le site nordiste et participation publique évoquée
Plusieurs repreneurs s’étaient manifestés avant l’accord d’exclusivité, parmi lesquels Rio Tinto, Glencore, Metlen Energy & Metals et Emirates Global Aluminium. Les communicants d’Alba mettent en avant une stratégie industrielle à long terme axée sur la continuité opérationnelle, la poursuite des investissements et des projets de décarbonation.
Bercy a noté que l’opération pourrait inclure l’entrée au capital de Bpifrance, afin d’ancrer le site dans le tissu industriel français. Khalid Al Rumaihi a confirmé des contacts avec le gouvernement et la disposition d’Alba à « accueillir Bpifrance » au sein de l’actionnariat, des discussions présentées comme initiales et destinées à se poursuivre.
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