Victimes de la dermatose et exclues des alpages français, les vaches suisses peinent à respirer en plaine
Lecture rapide :
– Vaches suisses exclues des alpages français
– 6’000 bovins concernés en 2025 ; Suisse : 1,5 million de têtes
– Canicule et mouches favorisent la menace de dermatose
Face au risque de dermatose nodulaire contagieuse, la Suisse a interdit cette année la montée estivale de certains troupeaux vers les alpages français. La mesure vise à protéger les quelque 1,5 million de têtes du cheptel helvétique et répond à la crainte d’une propagation facilitée par la chaleur et les insectes vecteurs.
Impact économique et logistique pour les éleveurs frontaliers
Les restrictions bloquent chaque année près de 6’000 bovins de Suisse qui pâturaient en France entre mai et octobre, appartenant à environ 260 fermes. En 2025, ces troupeaux avaient été retenus côté français jusqu’au début de l’hiver à cause des règles sanitaires.
Mathieu Meylan, éleveur à Meinier, a envoyé dix de ses vingt vaches en pension dans le Valais, entraînant une perte de production laitière évaluée entre 10’000 et 20’000 francs et des coûts indirects qu’il estime proches de 50’000 francs. L’installation de brumisateurs, l’achat de fourrage et le non-amortissement d’une fromagerie mobile figurent parmi les charges supplémentaires.
Pression sanitaire et historique des échanges transfrontaliers
Le premier cas en France a été détecté en Savoie en 2025, après des signalements en Italie, marquant une première en Europe de l’Ouest. Non transmissible à l’homme, la maladie animale conduit à l’abattage préventif dès l’identification d’un animal atteint.
La décision de Berne s’inscrit dans une longue histoire de régulation des passages transfrontaliers. Déjà au XVIIIe siècle, des interdictions temporaires avaient été prononcées en période de chaleur pour prévenir de telles épidémies.
Conséquences locales et adaptations
Pour certains éleveurs, la privation d’alpage signifie devoir faucher et stocker du fourrage, souvent à un coût supplémentaire et avec une taxe d’importation si le foin descend en Suisse. À Bellecombe, un exploitant français estime son manque à gagner à 3’000–4’000 euros pour la saison.
Sur les parcelles non pâturées, la végétation se dessèche plus vite et accroît le risque d’incendie en période de canicule. Quelques agriculteurs acceptent néanmoins d’accueillir des vaches étrangères pour entretenir les prairies, sous réserve d’accords et de coûts additionnels.
Malgré la vaccination préventive organisée au printemps dans les zones de surveillance, certains éleveurs qualifient la situation de victimes d’une politique qu’ils jugent trop restrictive, alors qu’aucun cas humain n’est lié à la maladie et que la région n’a pas recensé de nouveaux foyers depuis la fin de l’été 2025.
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