Trois individus masqués… Plongée au cœur de l’inquiétante montée des crypto-enlèvements en France
Lecture rapide :
– Trois mises en examen, dont un mineur, après un crypto-rapt du 23 mars
– 68 000 euros transférés en quelques instants
– Auteurs recrutés sur les réseaux sociaux, âgés de 17 à 24 ans
Les crypto-rapts, enlèvements visant à contraindre des particuliers à remettre l’accès à leurs cryptomonnaies, se multiplient en France. Le 7 mai, Renaud Gaudeul, procureur de Bordeaux, a indiqué que trois personnes, dont un mineur, avaient été mises en examen dans le cadre d’une enquête ouverte après un épisode survenu le 23 mars.
Enquête et faits rapportés dans l’affaire de Haute-Garonne
Dans un dossier en Haute-Garonne, une habitante de 57 ans a été séquestrée à son domicile après avoir ouvert la porte à ce qu’elle croyait être un livreur. Selon le récit des forces de l’ordre, trois personnes cagoulées ont surgi et ont escorté la victime chez elle pour lui demander ses codes de déverrouillage.
Le Colonel Quentin Petit rapporte la mécanique de l’attaque et son efficacité : « trois personnes cagoulées qui sortent de derrière des arbres », « emmènent tout de suite la personne chez elle » et la contraignent à livrer ses codes. La victime s’exécute et, en quelques instants, l’ensemble des cryptomonnaies — à hauteur de 68 000 euros — est transféré vers un compte tiers.
Modes de recrutement et profils des auteurs
Les enquêtes montrent un mode opératoire reposant sur des recrutements via les réseaux sociaux. Selon Renaud Gaudeul, « ce sont des personnes qui peuvent venir d’un peu partout en France et qui sont recrutés par le biais de réseaux sociaux avec des individus qui leur demandent de commettre parfois un crypto-rapt, parfois des tirs avec des armes de guerre ». Ces missions variées rendent les groupes difficiles à cerner.
Les profils interpellés dans cette affaire sont majoritairement jeunes et peu expérimentés. Le Colonel Quentin Petit observe qu’ils « ne maîtrisent pas totalement les codes de la criminalité », et que les personnes présentes dans le dossier ont entre 17 et 24 ans.
La vidéo ci‑dessus reprend les éléments d’enquête et les témoignages officiels fournis par les autorités. Les images montrent l’intervention policière et les lieux liés aux faits rapportés.
Conséquences policières et inquiétudes soulevées
Ces actions ultra-violentes, parfois coordonnées après des fuites de données, suscitent une inquiétude croissante chez les enquêteurs. Les autorités relèvent la combinaison d’un savoir-faire numérique — exploitation d’accès aux portefeuilles — et de méthodes physiques violentes pour obtenir rapidement les codes.
La mise en examen des trois personnes liées au dossier du 23 mars illustre l’effort judiciaire en cours pour démanteler les réseaux et identifier les donneurs d’ordre. Les affaires récentes confirment une évolution opérationnelle des auteurs, mêlant recrutement en ligne et passages à l’acte sur le terrain.
Ce second reportage compile déclarations institutionnelles et éléments d’enquête, et situe ces affaires dans une série d’interpellations récentes visant des réseaux impliqués dans des enlèvements et extorsions liés aux cryptomonnaies.
Vu par lemanfinance sur : Google News