Le tribunal correctionnel de Paris statue ce lundi sur l’affaire Lafarge, accusé de financement illicite
Lecture rapide :
– Jugement attendu sur les paiements en Syrie
– Près de 4,7 millions d’euros évoqués par le parquet
– Amende réclamée de 1,125 million d’euros et confiscation de 30 millions
Le tribunal correctionnel de Paris rend ce lundi sa décision dans l’affaire Lafarge, portée devant la justice pour financement illicite de groupes djihadistes en Syrie. La procédure concerne le groupe alors indépendant et ses anciens dirigeants, poursuivis pour des infractions financières autour des paiements effectués en 2013-2014.
Tribunal correctionnel de Paris statue sur l’affaire Lafarge et le procès
Le procès oppose la société héritée depuis par le groupe suisse Holcim et huit anciens responsables, dont l’ex-PDG Bruno Lafont. L’accusation reproche à l’entreprise d’avoir versé des fonds pour maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
Les versements, le rôle de la filiale syrienne et l’enquête du Pnat
Selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), les sommes versées via la filiale Lafarge Cement Syria (LCS) et par l’intermédiaire de Firas Tlass ont atteint un minimum de 4,7 millions d’euros. Ces paiements ont été attribués à des groupes identifiés comme Etat islamique et Jabhat al-Nosra, pour garantir l’approvisionnement et la sécurité de l’usine.
La défense a présenté ces opérations comme des contraintes liées à un contexte de guerre et a invoqué le risque pour le millier d’employés de l’usine, une thèse contestée par le Pnat qui parle d’un choix économique. Le tribunal a examiné échanges internes, relevés bancaires et comptes rendus dirigeants pour établir la chronologie des faits.
Réquisitions du parquet et demandes de peine en droit pénal
Les magistrates du Pnat ont requis à l’encontre de la société l’amende maximale de 1,125 million d’euros et une confiscation partielle du patrimoine à hauteur de 30 millions d’euros. Pour Bruno Lafont, le parquet a demandé une peine de six ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt différé, estimant qu’il avait été informé et avait donné des directives pour maintenir l’activité.
Evacuation de l’usine en 2014 et implications civiles
Malgré les millions versés, la cimenterie de Jalabiya a été évacuée en urgence le 18 septembre 2014 et est tombée aux mains des djihadistes le lendemain. Des victimes des attentats du 13-Novembre se sont constituées parties civiles, estimant que ces paiements ont contribué à un contexte ayant favorisé les attaques en France.
Le jugement du tribunal correctionnel de Paris doit préciser les responsabilités pénales et les conséquences financières pour l’entreprise et ses anciens dirigeants.
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