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April 29, 2026
À Siem Reap, l’école Saèk Thmey mise sur le français pour transformer des vies
Emploi

À Siem Reap, l’école Saèk Thmey mise sur le français pour transformer des vies

Avr 20, 2026

Lecture rapide : – Une école francophone et internat à Siem Reap – 38 internes hébergés – Enseignement gratuit porté par bénévoles et un médecin retraité

Dans la cour de Saèk Thmey, à Siem Reap, enfants et adolescents se croisent avant les cours, certains viennent du quartier, d’autres vivent à l’internat. L’établissement propose un enseignement gratuit en français et, depuis peu, des cours d’anglais pour compléter la formation professionnelle.

Saèk Thmey, école francophone à Siem Reap et projet porté par Pierre Hourst

Le projet a été lancé par le médecin retraité Pierre Hourst, présent au Cambodge depuis 35 ans. Avec un partenaire suisse gérant une agence de voyages, il a voulu former des guides et accompagnateurs francophones pour répondre au vieillissement des guides francophones locaux.

Au fil du temps, l’offre a débordé l’objectif initial : les anciens élèves occupent aujourd’hui des postes variés — enseignants de français, réceptionnistes, managers, métiers de la santé — et l’école s’est structurée autour d’un internat et d’un réseau de bénévoles. Cette évolution illustre la volonté de créer des trajectoires professionnelles stables pour des jeunes défavorisés.

Phrase-clé : Pierre Hourst reste le pivot du projet et le lien entre Siem Reap et les relais en Europe.

Un internat qui change la donne pour les familles modestes

L’internat accueille aujourd’hui 38 jeunes en hébergement complet, contre une douzaine au départ. Les internes sont logés, nourris et scolarisés dans le système public local, et participent à l’entretien des locaux.

Le budget de fonctionnement avoisine 70 000 dollars par an, majoritairement absorbé par l’internat. L’école consomme 500 kg de riz par mois, sert 140 repas par jour et fournit 70 litres d’eau filtrée chaque jour. Le modèle repose sur des dons et des parrainages défiscalisables, avec un exemple de parrainage à 40 euros par mois par élève.

Phrase-clé : l’internat permet de scolariser et d’héberger des jeunes dont les familles n’auraient pas les moyens.

Bénévoles, personnel local et continuité pédagogique

L’équipe salariale est réduite : quatre soutiens pédagogiques khmers rémunérés, une cuisinière, une femme de ménage et un gardien. Le reste du travail pédagogique repose sur des bénévoles venus de France, de Suisse ou d’organisations comme le GRET et AGIR abcd.

Les intervenants bénévoles restent généralement un à trois mois. Un manuel de référence assure la continuité entre les séquences, tout en laissant place à des approches variées — chant à la guitare, contes, onomatopées — qui animent les classes.

Exemple : Catherine, enseignante retraitée, alterne la méthode fil rouge et des contes traditionnels cambodgiens traduits en français, transformant la salle en petit théâtre pédagogique.

Phrase-clé : le modèle mixte salariel/bénévole maintient la permanence pédagogique malgré des ressources limitées.

Un atout professionnel : le français face aux réalités du marché

L’école forme pour le secteur touristique local, où le français est valorisé mais où les recrutements se déroulent souvent en anglais. Pour tenir compte de cette contradiction, des cours d’anglais ont été intégrés à l’offre, non pour générer des revenus mais pour améliorer l’employabilité.

Plusieurs anciens élèves travaillent dans des hôtels, restaurants et agences de Siem Reap. Une ancienne élève a trouvé un emploi dans une boulangerie française à Phnom Penh pour financer des études de professorat de français. Au moment de la visite, l’école préparait des candidats à l’examen d’entrée au concours officiel de guide touristique, dont les inscriptions venaient de rouvrir après plusieurs années.

Le secteur connaît cependant des tensions : annulations de voyages liées à des crises régionales et à des facteurs géopolitiques augmentent l’incertitude des emplois liés au tourisme.

Phrase-clé : la maîtrise du français ouvre des portes, mais le marché exige aussi l’anglais.

Une école de quartier, ouverte aux externes et aux parents

Au-delà de l’internat, Saèk Thmey accueille des externes, des enfants du voisinage et parfois des parents qui suivent des ateliers. Lors de la visite, une mère apprenait l’anglais aux côtés de sa fille, preuve de l’ouverture à tous les âges.

Un atelier de lecture se tient régulièrement dans la cour : deux pages, une illustration, quelques mots expliqués pour donner envie de revenir. Le lieu favorise aussi les liens intergénérationnels et culturels, avec des références populaires partagées entre enseignants et élèves.

Contact : https://saekthmey.orgecole.saekthmey@gmail.com

Phrase-clé : l’école se veut un point d’entrée éducatif pour toute la communauté.

Vu par lemanfinance sur : Google News

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About Author

Caroline Dubois

Caroline Dubois est une experte en back office bancaire avec plus de 15 ans d'expérience à Genève. Diplômée en finance et gestion des opérations de l’École de Commerce de Genève, elle excelle en gestion des risques et conformité réglementaire. Parfaitement bilingue en français et en anglais, Caroline est passionnée par le développement durable et s'investit dans l'intégration des critères ESG dans les pratiques bancaires. Son rôle crucial dans la gestion efficace des opérations bancaires et la conformité fait d'elle une figure respectée dans le secteur financier genevois.

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