La santé suisse s’unit pour contrer une initiative anti-immigration portée par l’extrême droite
Lecture rapide :
– Le monde de la santé rejette l’initiative de l’UDC
– 9,1 millions d’habitants aujourd’hui; plafond proposé : 10 millions
– EMS et hôpitaux fortement dépendants de personnel étranger
À l’approche du vote du 14 juin, les acteurs de la santé suisse ont formé un front commun contre l’initiative portée par l’UDC visant à plafonner la population. Ils estiment que le projet, nommé « Pas de Suisse à 10 millions ! », mettrait en péril des établissements déjà confrontés à une pénurie de personnel et à une forte dépendance à la main-d’œuvre étrangère.
Impact de l’initiative anti-immigration sur le fonctionnement des hôpitaux et EMS suisses
Les organisations du secteur, dont H+ et l’Association suisse des infirmières et infirmiers, qualifient le texte d’« initiative du chaos » et préviennent que les hôpitaux et EMS ne pourraient plus prendre en charge les personnes âgées et malades comme aujourd’hui. Le gouvernement s’oppose également au projet, estimant qu’il menace le bon fonctionnement de la société.
Dépendance à la main-d’œuvre étrangère dans les EMS et hôpitaux
À l’EMS de Cheseaux-sur-Lausanne, géré par la Fondation Primeroche, Christian Weiler précise que la structure accompagne environ 360 personnes et emploie 240 collaborateurs, dont près de 80% sont de nationalité étrangère. Les soignants étrangers y jouent un rôle central dans les services quotidiens, selon des résidentes comme Marcelle Mivelaz et des infirmières telles que Carine Savioz.
La FMH souligne que la part des médecins diplômés à l’étranger atteint 43%. Les universités délivrent chaque année entre 1’200 et 1’300 diplômes de médecine, alors que la profession estime avoir besoin de 3’500 à 4’000 jeunes médecins par an. Aux HUG, la directrice des soins, Sandra Merkli, indique qu’il faudrait recruter 200 à 300 infirmiers chaque année, alors que la haute école locale en forme 150 à 160.
Les responsables alertent sur des conséquences concrètes: faute de places en EMS, les personnes âgées pourraient saturer les hôpitaux, limitant leur capacité à traiter d’autres urgences. L’UDC rétorque que la réforme permettrait encore l’arrivée de 40’000 étrangers par an et plaide pour une plus grande formation de personnel suisse; Thomas Bläsi défend ce point en relevant des tensions sur le marché du travail.
Un comité rassemblant des acteurs majeurs du secteur juge que, si les services doivent recourir à du personnel moins qualifié ou restent sous-dotés, le risque de mortalité augmenterait, notamment dans les urgences.
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