Lancement des pourparlers irano-américains en Suisse : vers une ère de renouveau diplomatique
Lecture rapide :
– Début des pourparlers à Bürgenstock, Suisse
– 60 jours renouvelables pour un accord final
– Délégation iranienne a brièvement quitté le lieu après un message
Des négociations quadrilatérales entre les États-Unis et l’Iran, avec le Qatar et le Pakistan comme médiateurs, se sont ouvertes dimanche au complexe hôtelier de Bürgenstock, en Suisse. L’objectif officiel est de finaliser, dans un délai de 60 jours renouvelables, un accord destiné à mettre fin au conflit au Moyen-Orient déclenché fin février.
Début des pourparlers irano-américains en Suisse et composition des délégations
La délégation américaine est conduite par le vice-président JD Vance, accompagné de l’émissaire Steve Witkoff et de Jared Kushner. Le camp iranien comprend notamment le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Des représentants du Qatar et du Pakistan sont intervenus comme facilitateurs lors des premières séances.
Incident diplomatique : départ temporaire des Iraniens après un message
La séance a connu une rupture après environ 80 minutes quand la délégation iranienne a quitté le bâtiment, selon l’agence gouvernementale Irna. Ce départ faisait suite à la publication sur la plateforme Truth Social d’un message du président américain jugé « insultant » par Téhéran, qui pressait l’Iran d’empêcher ses alliés au Liban, notamment le Hezbollah, de « causer des problèmes ».
Les Américains ont toutefois assuré que les négociations se poursuivraient « toute la nuit » et qu’une partie iranienne restait sur place ou engagée via les médiateurs qatari et pakistanais. Le chef de l’équipe iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a répliqué sur X en mettant en garde les États-Unis contre leurs propos.
Enjeux immédiats : cessez-le-feu au Liban et tensions régionales
Les discussions se tiennent sous la menace d’une résurgence des hostilités au Liban, malgré une clause de l’accord-cadre prévoyant l’arrêt des combats sur tous les fronts. Des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans le sud du Liban, tandis que Beyrouth a chiffré à 4’106 le nombre de morts depuis début mars pour les opérations au Liban, selon les autorités libanaises citées.
En parallèle, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz en guise de représailles, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu que l’armée resterait dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire ». Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté toute zone de sécurité israélienne sur son territoire.
Objectifs juridiques et points d’achoppement
Le protocole d’accord signé en amont engage les parties à s’abstenir de menacer l’usage de la force l’une contre l’autre, mais de nombreux différends persistent, notamment autour du programme nucléaire iranien. Selon la télévision d’État iranienne, ce sujet n’a pas été abordé lors de la première session, et la délégation iranienne a refusé de poser pour une photo commune avec les représentants américains.
Les négociations doivent aboutir à un accord final qui mettrait un terme au conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran et qui a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Les médiateurs qatari et pakistanais restent actifs pour maintenir le dialogue malgré les accès de tension.
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