Nestlé supprime 301 postes en Espagne malgré la croissance de sa filiale
Lecture rapide :
– Nestlé Espagne lance un ERE pouvant toucher 301 postes.
– 301 suppressions, soit environ 7% des effectifs.
– Filiale en croissance : chiffre d’affaires > 2,8 milliards € en 2025.
Le groupe suisse Nestlé a confirmé l’ouverture d’un expediente de regulación de empleo en Espagne visant un maximum de 301 salariés. La mesure concerne des fonctions administratives, commerciales, logistiques et plusieurs sites industriels, et s’inscrit dans une réorganisation globale décidée par la direction du groupe.
Nestlé Espagne : un ERE transversal touchant bureaux, ventes et usines
Selon le communiqué de l’entreprise, l’opération cible des postes dans les bureaux, les forces de vente, les centres de distribution et six unités de production, dont Pontecesures, Gérone, Sebares, La Penilla, Miajadas et Reus. L’objectif affiché est d’accélérer l’automatisation et la digitalisation pour recentrer les moyens sur les marques jugées les plus rentables.
La négociation avec les partenaires sociaux doit s’ouvrir début mai ; l’entreprise indique vouloir encadrer les mesures d’accompagnement des salariés concernés. Cette annonce intervient malgré des résultats locaux jugés positifs.
Performances locales : croissance et investissements en 2025
En 2025, Nestlé Espagne a dégagé plus de 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, alimenté par les ventes domestiques et les exportations. Le groupe a également investi 96 millions d’euros dans le pays, un montant record sur dix ans pour moderniser ses sites de production.
La présence industrielle date de 1905 et s’est structurée autour de dix sites de production et d’environ 4’000 salariés. Ces éléments expliquent la surprise et la colère de syndicats face à la décision.
Dimension mondiale : la réduction de 16 000 postes
La décision espagnole s’inscrit dans un plan mondial lancé par la nouvelle direction du groupe, qui prévoit la suppression de 16’000 postes d’ici deux ans, soit près de 6% des effectifs globaux. Ce plan a été présenté par le président Pablo Isla et le directeur général Philipp Navratil.
Les marchés ont réagi positivement à l’annonce globale, mais la mesure suscite une forte contestation sociale au niveau local en Espagne. L’exécution du plan devrait être progressive et liée à des réorganisations automatisées.
Réactions syndicales et calendrier des négociations
Les principales centrales en Espagne — Comisiones Obreras, Unión General de Trabajadores et CSIF — qualifient l’opération d’« injustifiée » et de « disproportionnée » pour une filiale qui affiche des résultats positifs. Elles demandent des garanties et contestent la logique d’un plan global appliqué localement.
Les discussions formelles doivent débuter début mai ; l’issue dépendra des négociations sur les mesures sociales et les modalités de départ. Le calendrier imposera des décisions rapides pour les sites concernés.
La restructuration en Espagne illustre la tension entre performances locales et impératifs de rentabilité mondiaux décidés par la direction du groupe. Vu par lemanfinance sur : Google News