Fabriquez votre montre personnalisée en seulement 60 secondes !
Swatch a mis en service AI Dada, une intelligence artistique accessible en ligne permettant de générer un design de montre unique en environ une minute à partir d’une requête textuelle. L’outil repose sur un corpus extrait des archives de la marque depuis 1983, soit plus de 40 ans de créations et plus de 9 000 modèles en référence, selon les équipes du projet menées par Carlo Giordanetti. Le service propose ensuite des options de finition et d’index sur un boîtier existant.
Montre personnalisée en 60 secondes: fonctionnement et contraintes techniques
La plateforme réclame la création d’un compte puis la saisie d’un prompt comparable à ceux employés dans les IA conversationnelles contemporaines. Le système produit en quelques dizaines de secondes un rendu visuel adapté à la demande, puis propose la personnalisation du cadran, des index et de la finition du mouvement visible pour le modèle New Gent. Le générateur garantit, selon Swatch, un principe 1/1 rendant chaque design non reproductible à l’identique, tout en s’appuyant sur une forme de boîtier standard imposée par les contraintes de production.
Usage, acteurs et précédents industriels
La démarche prolonge le service Swatch X You lancé en partenariat avec le Musée du Louvre en 2019. La sortie d’AI Dada suscite des réactions dans le secteur; le styliste Emmanuel Gueit a mis en garde contre la substitution des designers humains, arguant de l’absence d’émotion dans une machine. Des initiatives comparables existent: Casio a intégré des outils d’IA dans le design de la G-Shock MTG-B4000, primée par le iF Design Award 2026, et le commerçant Geoffroy Ader a déployé Aderbot avec l’agence Baker Park pour enrichir l’accès à l’histoire horlogère.
Implications réglementaires, propriété et souveraineté numérique
Sur le plan juridique, l’initiative s’inscrit dans un contexte suisse de vigilance réglementaire visant à concilier protection des données, sécurité des produits et alignement sur les évolutions européennes. L’utilisation d’archives internes limite l’exposition aux litiges relatifs aux contenus tiers, mais la qualification juridique des créations assistées par IA reste incertaine au regard du droit d’auteur suisse qui privilégie la contribution humaine. Les fabricants doivent aussi satisfaire aux obligations de conformité produit et aux règles de protection des consommateurs pour la commercialisation transfrontalière, en tenant compte du régime du AI Act européen pour les ventes vers l’UE.
La combinaison d’une personnalisation instantanée et de contraintes industrielles impose aux acteurs horlogers de clarifier les responsabilités techniques, la traçabilité des données et le statut juridique des créations assistées par machine.