Roues ultra-flexibles et autonomie avancée : découvrez Mona Luna, notre rover aussi précieux que la Joconde
Lecture rapide :
– Mona Luna, rover lunaire 100% européen dévoilé en maquette
– 192 ressorts et câbles pour des roues hyper-déformables
– Usine à Toulouse prévue, 100–150 emplois annoncés
Dans le hall d’accueil de la Cité de l’espace, la maquette taille réelle de Mona Luna a été présentée devant une centaine d’invités, smartphones levés. Ce rectangle compact de 2,5 mètres, posé sur quatre roues aplaties, illustre le projet de rover développé par la société monégasque Venturi Space et dont une partie du développement se déroule à Toulouse.
Mona Luna rover lunaire européen : présentation et réception publique
Exposée au regard des milliers de visiteurs de la Cité de l’espace (site qui a accueilli 394 000 visiteurs en 2025), la maquette a été qualifiée de « chef-d’œuvre » par la direction du lieu. Arnaud Mounier a décrit Mona Luna comme « notre Joconde », symbole des technologies spatiales contemporaines.
L’événement a mis en lumière la volonté de Venturi Space de positionner l’Europe dans l’exploration lunaire, en attirant l’attention du public et des acteurs institutionnels et industriels.
Roues ultra-flexibles et capacités de mobilité sur le pôle Sud lunaire
La principale innovation présentée concerne des roues montées sur 192 ressorts et câbles, conçues pour être hyper-déformables afin d’évoluer en microgravité sur les pentes sablonneuses du pôle Sud de la Lune. Les concepteurs visent une mobilité capable de franchir des obstacles d’environ 30 centimètres.
Les batteries, alimentées par panneaux solaires, sont dimensionnées pour résister à de fortes variations thermiques, de l’ordre de -200 °C à +170 °C, selon les informations présentées lors de l’inauguration.
Lors de la présentation, Gildo Pastor, président de Venturi Space, a rappelé le rêve d’« une voiture électrique pour rouler sur la Lune ». L’entreprise s’appuie sur des compétences issues de l’automobile pour adapter des solutions aux contraintes lunaires.
Industrialisation à Toulouse : usine, emplois et calendrier
Venturi Space a déjà implanté une trentaine d’ingénieurs au Parc technologique du Canal à Ramonville-Saint-Agne pour développer les logiciels et l’électronique embarquée. L’objectif annoncé est d’installer, d’ici deux à trois ans, entre 100 et 150 personnes pour l’intégration et la qualification du rover.
Un terrain de 14 000 m² a été acquis à Montaudran, sur la zone Toulouse Aerospace, et Gildo Pastor a évoqué la construction d’un bâtiment dédié en 2027. La stratégie affichée vise à industrialiser la production et à devenir fournisseur de rovers en série pour des projets d’exploration.
Sur le plan institutionnel, le CNES collabore avec Venturi Space sur des compétences et des essais, selon Sébastien Barde, sous-directeur Exploration et Vols habités. Jean‑François Clervoy, ambassadeur du projet, a mis en avant l’originalité technique des roues et leur rôle pour transporter les astronautes sur la Lune.
Pour l’astrophysicien Sylvestre Maurice, le projet combine « science et rêve » et représente une opportunité pour l’Europe si la technologie se confirme.
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