Quand les mastodontes du conseil se perdent dans les mirages de l’IA
KPMG et EY ont retiré des publications après la révélation d’erreurs factuelles générées par des systèmes d intelligence artificielle détectées par GPTZero et rapportées par le Financial Times
Quand les mastodontes du conseil se perdent dans les mirages de l IA pour le conseil stratégique
KPMG International a retiré d une partie de ses sites web le rapport d octobre intitulé Redefining excellence in the age of agentic AI après la découverte d études de cas fictives diffusées par ses équipes de consultants dans plusieurs pays.
Le document citait notamment une intégration supposée entre UBS et Microsoft pour déployer des agents IA au sein des divisions investissement conformité et gestion des risques. UBS a formellement qualifié ces affirmations de factuellement incorrectes et exigé leur retrait.
Répercussions institutionnelles et réglementaires pour la Suisse
Les démentis émanant des Chemins de fer fédéraux suisses et de Transport for London ainsi que l erreur concernant une prétendue prédiction de réadmissions au sein du NHS Greater Manchester illustrent un risque de validité des preuves utilisées dans les recommandations.
En Suisse la diffusion de rapports erronés soulève des questions vis à vis du préposé fédéral à la protection des données et de la transparence et de la révision de la loi fédérale sur la protection des données. Les autorités cantonales mobilisant des cabinets externes pour des marchés publics pourraient exiger des clauses de garantie de sources et des mécanismes de validation humaine détaillés.
Conséquences opérationnelles et économiques pour les acteurs du conseil et leurs clients
EY Canada a retiré une étude de cybersécurité contenant des chiffres aberrants évaluant à 200 milliards de dollars la taille d un marché et le volume de points non réclamés, et citant un rapport de McKinsey qui n existait pas selon les vérifications.
Des cabinets comme Deloitte et le cabinet d avocats Sullivan & Cromwell ont connu l an dernier des incidents similaires. EY revendiquait une croissance de 30 pour cent des revenus IA et le déploiement de 15 000 collaborateurs dédiés à la gouvernance. Ces chiffres renforcent l urgence d instituer des processus de supervision humaine, d établir des audits de qualité des données et de préciser les responsabilités contractuelles.
La dépendance aux fournisseurs de cloud étrangers pour des solutions d IA augmente les enjeux de souveraineté numérique et de conformité au futur cadre européen AI Act pour l accès au marché de l UE. Les cabinets et leurs clients devront formaliser des plans de contrôle des modèles, des exigences de traçabilité et des garanties contractuelles sous peine de poursuivre des risques de réputation et de responsabilité financière