Dans le Grand Est, le Luxembourg séduit en premier les professionnels de santé des zones frontalières
Lecture rapide :
– Le Luxembourg concentre la majorité des soignants frontaliers
– 86 500 frontaliers du Grand Est travaillaient au Luxembourg en 2018
– 80% des professionnels de santé frontaliers sont des femmes
Plus de la moitié des professionnels de santé résidant dans le Grand Est exercent au Luxembourg, selon les résultats publiés de la première phase de l’étude LUXTALENT. Cette orientation confirme la place centrale du Grand-Duché pour l’emploi transfrontalier dans le secteur de la santé et alimente des dynamiques de mobilité professionnelle spécifiques aux zones frontalières.
Attractivité salariale et flux vers le Luxembourg dans le Grand Est
L’étude rappelle que le nombre de frontaliers du Grand Est travaillant au Luxembourg est passé à 86 500 en 2018, contre 36 100 en 1999. Au total, quelque 182 000 habitants de la région travaillaient dans un pays voisin selon les mêmes séries.
Le rapport souligne également des écarts de rémunération importants : un travailleur frontalier gagne en moyenne 65% de plus en franchissant la frontière, écart qui peut être supérieur dans certains métiers de la santé. Ces différences renforcent l’attractivité du Luxembourg sur le marché du travail transfrontalier.
Profil des soignants frontaliers et répartition territoriale
Les professionnels de santé frontaliers présentent des caractéristiques proches de leurs homologues en France : 80% sont des femmes et l’âge moyen est d’environ 40,5 ans contre 41,5 ans pour les soignants exerçant en France. La quasi-totalité vivent à proximité de la frontière, avec 98% résidant dans un arrondissement frontalier.
La profession la plus fréquente parmi ces travailleurs est celle des infirmiers, en particulier des infirmiers en soins généraux. La nationalité varie selon la destination : la moitié des personnes travaillant en Allemagne sont de nationalité allemande, tandis que les frontaliers vers les autres pays restent majoritairement français.
Distances résidentielles, action sociale et implications pour la mobilité professionnelle
Les frontaliers employés dans l’action sociale vivent en moyenne plus près de la frontière que l’ensemble des frontaliers du Grand Est. En septembre 2021, 45% d’entre eux habitaient à moins de 10 km à vol d’oiseau de la frontière, contre 42% pour l’ensemble des frontaliers.
À l’inverse, seuls 9% des travailleurs de l’action sociale habitaient à au moins 30 km de la frontière, contre 16% pour la population frontalière globale. Ces différences influent sur la mobilité professionnelle et sur la capacité des employeurs à recruter depuis les bassins de population proches.
Étude LUXTALENT et enjeux de collaboration internationale
La première partie de l’étude LUXTALENT, conduite par le LISER à la demande du ministère de l’Économie après la convention signée en mars 2025, porte sur l’attraction et la rétention des primo-arrivants, immigrés et frontaliers sur le marché de l’emploi au Luxembourg. Les résultats publiés détaillent les flux, profils et distances résidentielles des frontaliers du Grand Est.
Sur les mesures concrètes de rétention ou d’adaptation des systèmes de santé et de coordination transfrontalière, l’étude fournit des éléments descriptifs mais les dispositifs opérationnels précis restent non communiqué dans la première partie. La question de la collaboration internationale entre employeurs, autorités et institutions de formation est identifiée comme centrale pour stabiliser ces recrutements.
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