Assurance maladie : les raisons d’interdire le tabac aux générations nées après 2009
Lecture rapide :
– Assurance maladie propose d’interdire la vente de cigarettes aux nés après 2009
– Déficit annoncé : 13,8 milliards d’euros en 2026
– Gain attendu : 3,9 à 4 milliards d’euros par an d’ici 2030
Dans son rapport annuel « charges et produits » publié le jeudi 2 juillet, la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) préconise un virage vers la prévention pour freiner l’explosion des maladies chroniques et maîtriser les comptes publics. Face à une projection selon laquelle un Français sur deux souffrirait d’une maladie chronique d’ici dix ans, le rapport rassemble quarante propositions, dont l’interdiction graduelle de vente de tabac aux personnes nées après 2009 et l’obligation du Nutri-Score sur tous les produits emballés.
Pourquoi l’Assurance maladie propose d’interdire le tabac aux générations nées après 2009
La logique avancée privilégie l’arrêt de l’initiation plutôt que le sevrage. Les auteurs du rapport soulignent que bloquer l’accès légal au tabac pour les cohortes nées après 2009 empêche la dépendance avant qu’elle ne s’installe, ce qui réduit à long terme les cancers, les BPCO et les maladies cardiovasculaires.
Le dispositif proposé prévoit une montée en puissance progressive : dès 2026, les jeunes de 17 ans se voient refuser l’achat, en 2030 les 21 ans seront concernés et en 2050 toute personne de moins de 41 ans serait exclue du marché légal. Selon la Cnam, cette barrière légale chercherait à créer une « génération sans tabac » sans pénaliser directement les fumeurs actuels.
Mécanisme et calendrier de la « génération sans tabac »
Le rapport rappelle l’exemple britannique adopté en avril 2026, qui interdit la vente aux personnes nées après 2008, et propose une adaptation française avec un an de décalage. Les modélisations britanniques évoquent une baisse estimée à 30 % des cancers du poumon d’ici 2070 ; la Cnam table sur des effets comparables à long terme pour la France.
Le document met en regard les coûts actuels des maladies liées au tabac et les économies potentielles : le tabagisme cause environ 60 000 décès annuels en France et pèse « plusieurs milliards » pour l’Assurance maladie en oncologie et en pathologies respiratoires. L’argument est financier et sanitaire : éviter l’initiation aujourd’hui réduit la facture et la charge sur les hôpitaux demain.
Nutri-Score obligatoire : quel impact sur l’alimentation et les dépenses de santé
La Cnam propose de rendre le Nutri-Score obligatoire sur tous les produits emballés et d’ajouter une mention signalant les aliments ultratransformés. Des études citées montrent qu’une généralisation du logo entraîne une baisse moyenne de 10 % des achats de produits notés D ou E et pousse les industriels à reformuler leurs recettes.
La consommation d’aliments ultratransformés représente environ 35 % des calories quotidiennes en France et augmente de 30 % le risque de maladies cardiovasculaires. La Cnam estime qu’une adoption généralisée du Nutri-Score pourrait éviter jusqu’à 10 000 décès cardiovasculaires par an d’ici 2035 et rapporter environ 500 millions d’euros par an à l’Assurance maladie.
Ultratransformés, reformulation industrielle et effets observés
Les expériences menées en Belgique et en Suisse montrent une réduction progressive du sel et du sucre dans les produits, de l’ordre de 5 à 8 %. Selon le rapport, l’étiquetage obligatoire créerait une « boussole nutritionnelle » qui oriente les achats et favorise la reformulation par les industriels.
La Cnam propose aussi d’accompagner le dispositif par des campagnes d’information et par une mention spécifique pour les aliments ultratransformés afin de clarifier le niveau de transformation pour le consommateur. Effet attendu : diminution de l’incidence du diabète de type 2 et de l’hypertension.
Autres propositions de prévention chiffrées et calendrier budgétaire
Parmi les quarante mesures, la Cnam met en avant une campagne vaccinale contre le pneumocoque visant à porter la couverture chez les plus de 65 ans de 18,7 % à 75 % en deux ans, avec l’objectif de vacciner 5 millions de personnes d’ici 2028. Le rapport note que les pneumonies liées au pneumocoque coûtent entre 2,7 et 3,4 milliards d’euros par an et que la vaccination permettrait de diviser cette facture par trois.
La Cnam propose aussi d’étendre le port du casque aux cyclistes et utilisateurs d’engins motorisés de plus de 12 ans, en rappelant que les traumatismes crâniens liés aux chutes représentent environ 200 millions d’euros de dépenses annuelles. Le rapport chiffré présente la prévention comme un levier pour rapprocher les comptes publics d’un équilibre à l’horizon 2030.
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