INFO RTL – Cryptomonnaies : explosion des enlèvements violents, 41 cas de séquestration recensés en France
Lecture rapide :
– Explosion d’enlèvements autour de portefeuilles crypto
– 41 cas recensés par la DNPJ depuis début 2026
– Commanditaires souvent à l’étranger, fuite Waltio évoquée
Depuis le début de l’année 2026, la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) a recensé 41 faits d’enlèvements liés à la détention de cryptomonnaies, selon le décompte transmis aux services concernés. Ce chiffre marque une hausse nette par rapport aux quelque vingt kidnappings répertoriés entre 2023 et 2025, tous services confondus.
Enlèvements violents autour des wallets : cas récents et méthode
Parmi les dossiers récents figure la séquestration d’une famille entière le 10 avril à Anglet, où cinq malfaiteurs ont ligoté la mère et les enfants avec du câble électrique et frappé le père et le grand‑père pour tenter d’obtenir les coordonnées du détenteur de crypto, sans succès. L’agression illustre des méthodes d’intimidation ciblant l’entourage proche des détenteurs.
Le 13 avril dans l’Yonne, quatre hommes cagoulés ont enlevé une mère et son fils de 11 ans après avoir obtenu un virement en cryptomonnaies de 400 000 euros. Face à un délai de sécurité avant l’effectivité de la transaction, le groupe a déplacé les victimes jusqu’à un hôtel du Val‑de‑Marne. Les deux personnes ont été séquestrées pendant vingt heures et libérées par le GIGN; sept hommes ont été interpellés.
Amateurisme et violences documentées
Les enquêtes montrent un mélange d’équipes organisées et d’unités improvisées. Plusieurs opérations font appel à des « jobbeurs » recrutés sur les réseaux sociaux pour quelques centaines d’euros, ce qui contribue à un profil souvent amateur mais potentiellement très violent.
La menace utilisée pour extorquer des codes va de la contrainte physique aux scènes de torture filmées et envoyées aux proches; dans un cas de décembre, trois agresseurs ont dérobé 8 millions d’euros en cryptomonnaies à un investisseur séquestré près de La Rochelle.
Origines des commanditaires et fuite de données
Les investigations montrent que les commanditaires sont souvent basés à l’étranger, laissant aux exécutants le soin d’enlever des proches pour contraindre les détenteurs. Des enquêtes s’appuient sur la piste d’une importante fuite de données de l’application d’aide à la déclaration fiscale Waltio, survenue à l’automne dernier, qui aurait permis d’identifier adresses et patrimoines de nombreux détenteurs.
Les vagues d’interpellations récentes tendent à confirmer l’utilisation de réseaux sociaux pour le recrutement et des circuits transnationaux pour la planification. Ces éléments expliquent en partie la diversité des profils d’agresseurs et la dispersion géographique des faits.
Sur le plan judiciaire, la multiplication des dossiers pose la question de la coordination entre forces (police nationale, préfecture de police de Paris, gendarmerie) et de la traçabilité des flux en cryptomonnaies. Les faits décrits illustrent une criminalité hybride, mêlant extorsion financière et violences physiques, avec des conséquences concrètes pour les victimes et l’ordre public.
Vu par lemanfinance sur : RTL