L’immigration : pilier essentiel pour la stabilité du marché du travail en Suisse
Lecture rapide :
– La libre circulation soutient les secteurs en tension
– 400 000 personnes travaillent en intérim
– 60–70% du personnel intérimaire vient de l’UE
Le débat sur les nouveaux accords avec l’UE se concentre sur la libre circulation des personnes et son rôle pour le marché du travail suisse. Dans ce contexte, Andreas Eichenberger, dirigeant d’une agence d’intérim et président de Swissstaffing, défend l’importance de ces accords, appelés Bilatérales III, pour garantir la disponibilité de compétences et la stabilité des entreprises.
Immigration, intérim et structure des compétences sur le marché du travail
Selon les données citées par Andreas Eichenberger, le travail temporaire rassemble une large palette de profils: de nombreux intérimaires sont hautement qualifiés et interviennent sur des chantiers techniques ou des projets d’ingénierie. Un exemple concret : une équipe envoyée chaque année pour réviser des machines minières au Chili, composée d’ingénieurs et de soudeurs spécialisés.
Au total, 400 000 personnes exercent en intérim en Suisse. Les chiffres fédéraux indiquent que 20–30% des travailleurs temporaires n’ont pas de qualification formelle, les autres possédant au minimum une formation professionnelle, et plusieurs étant très qualifiés.
Secteurs concernés et exemples de besoins
Le bâtiment demeure le principal pourvoyeur d’emplois temporaires, suivi de la santé, de l’industrie, de la logistique et de l’informatique. Dans certains métiers spécialisés, la part de travailleurs étrangers est particulièrement élevée: isolateurs et plâtriers 80%, maçons 59%, mathématiciens 50%. Ces chiffres montrent la dépendance du marché suisse à des compétences parfois difficiles à recruter localement.
Pour illustrer, une entreprise a recours à 150 intérimaires hautement rémunérés pour monter une usine à l’étranger, puis les réaffecte à d’autres chantiers. Ce modèle alimente la mobilité des compétences tout en répondant à des demandes ponctuelles.
Libre circulation et Bilatérales III : enjeux pour l’emploi
Dans le débat public, les représentants économiques favorables aux accords soutiennent que la libre circulation garantit un vivier de compétences accessible aux entreprises suisses. Andreas Eichenberger estime que sans cet accès, le fonctionnement du marché du travail serait fragilisé, la recherche de personnel pour des métiers spécifiques devenant plus complexe et bureaucratique.
Il rappelle l’expérience du Royaume-Uni après le Brexit, où les flux ont changé de provenance sans forcément diminuer globalement l’immigration. Pour lui, la flexibilité des recrutements depuis l’UE est un facteur clef pour la continuité des activités économiques suisses.
Dialogue social, protection des salaires et régulation
Les nouvelles règles accompagnant les accords prévoient un renforcement de la protection des salaires, revendication portée par les syndicats. Swissstaffing a accepté certaines mesures, dont la facilitation de la déclaration d’une convention collective de travail comme générale, afin de garantir des standards salariaux et horaires.
Sur le terrain, des accords négociés entre agences et partenaires sociaux couvrent un salaire minimum garanti, des indemnités maladie et des cotisations aux caisses de pension dès le début du contrat pour les travailleurs qui le souhaitent. Ces mécanismes visent à limiter les situations précaires liées au travail temporaire et à préserver la paix sociale.
Dans le contexte actuel, la position défendue par Andreas Eichenberger met en avant l’articulation entre mobilité européenne et besoins sectoriels suisses. Le choix sur les Bilatérales III se joue autant sur la disponibilité de compétences que sur la capacité à encadrer leur recours.
Vu par lemanfinance sur : Google News