Affaires Gims, liaisons de Kemi Seba, décisions stratégiques d’Eramet : les 5 actualités incontournables à ne pas manquer
Lecture rapide :
– Gims visé par une enquête autour du projet Sunset Village
– Kemi Seba arrêté à Pretoria, deux mandats d’arrêt du Bénin
– Eramet propose une augmentation de capital de 500 M€
Les cinq faits marquants de la semaine mêlent musique, activisme, industrie minière et affaires politiques en Afrique et en France. Les éléments publiés cette semaine dressent un tableau factuel : enquêtes judiciaires, connexions internationales et décisions stratégiques qui pèsent sur des acteurs connus.
Affaire Gims : enquête sur le projet immobilier Sunset Village à Marrakech
Le rappeur Gims est mis en examen en France pour blanchiment aggravé dans un dossier qui s’articule autour d’un projet de résidences de luxe au Maroc. Le complexe Sunset Village, situé au sud de Marrakech, couvre 13 hectares et prévoit 118 villas et un lagon artificiel de 3 000 m2, estimé à 1 milliard de dirhams (92 M€).
Le projet est commercialisé par Horizon Morocco, dirigé par Lahoucine Aourik Soussi, lié à la holding Yfnin Bears. À Kinshasa, où Gims a été nommé ambassadeur de la culture en 2022, les promesses de studios et d’un festival restent pour l’essentiel non réalisées, selon des acteurs du milieu musical.
Arrestation de Kemi Seba à Pretoria et liens avec une galaxie russe
Stellio Gilles Robert Capo Chichi, connu sous le nom Kemi Seba, a été arrêté en Afrique du Sud et comparu devant le tribunal de Pretoria le 20 avril 2026, avec une audience annoncée le 29 avril. L’enquête initiale retient un dépassement de visa de deux mois et des soupçons de tentative de franchissement illégal vers le Zimbabwe.
Le Bénin a émis deux mandats d’arrêt internationaux à son encontre : l’un pour blanchiment d’argent (juin 2025) et l’autre pour apologie du terrorisme en lien avec la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, pouvant motiver une procédure d’extradition. Des photos et éléments publiés relient par ailleurs l’un des interpellés accompagnant Seba, François van der Merwe, à des cercles proches d’Alexandre Douguine et de Konstantin Malofeev, acteurs identifiés dans des réseaux russes ayant déjà financé l’activiste selon des enquêtes antérieures.
Eramet : plan de redressement et contrainte de transformation au Gabon
Le groupe Eramet présente un bilan en recul avec -7% de chiffre d’affaires, une perte de 477 M€ et une dette de 1,9 Md€. Le plan de redressement prévoit une augmentation de capital de 500 M€, soit environ un tiers de la valorisation boursière, et une revue stratégique du portefeuille d’actifs.
Sur le continent, Comilog représente 58% du chiffre d’affaires du groupe et affiche un redémarrage avec +16% de volumes au premier trimestre. Le président gabonais exige une transformation locale d’au moins 2 millions de tonnes de manganèse d’ici au 1er janvier 2029. Au Sénégal, un incendie en février a réduit la production de moitié et généré une dépréciation de 171 M€ en 2025, positionnant l’actif comme candidat probable à cession.
Mossadeck Bally et la mue du groupe hôtelier Azalaï
Le parcours de Mossadeck Bally débute par le rachat du Grand Hôtel de Bamako en 1993, financé par un crédit d’un montant de 1 milliard de FCFA obtenu auprès de BOA Mali. Aujourd’hui, Azalaï affiche un chiffre d’affaires d’environ 40 M$ et une présence dans 7 pays.
La croissance du groupe repose sur des véhicules d’investissement locaux et des bailleurs internationaux : IFC, Proparco et AFD ont contribué à des financements notables, dont 22 milliards de FCFA pour Dakar en 2023 et 20 milliards pour Ouagadougou en 2024. Une restructuration est préparée en coulisses : création d’une holding domiciliée au Maroc d’ici au premier trimestre 2027, avec deux piliers distincts pour la détention d’actifs et l’exploitation opérationnelle.
Ike Ngouoni : détention, accusation de machination politique et grâce
Ike Ngouoni, ancien porte-parole de la présidence gabonaise, a été arrêté en 2019 dans la même affaire que Brice Laccruche Alihanga. Ngouoni qualifie son emprisonnement de « machination politique », estimant avoir été un dégât collatéral dans des manœuvres visant l’entourage de Laccruche.
Il a été libéré en avril 2024 par un décret de grâce signé par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. L’affaire illustre les jeux de pouvoir et les répercussions judiciaires dans l’entourage des plus hauts responsables.
Vu par lemanfinance sur : Jeune Afrique