Avec seulement 70 euros par habitant, la France figure parmi les pays européens les moins généreux en financement du rail
Lecture rapide :
– La France dépense 70 € par habitant pour le rail
– Luxembourg 622 €, Suisse 504 € par habitant
– Financement français reposant sur les bénéfices de la SNCF, non pris en compte par l’étude
Le classement 2025 de l’association allemande Alliance pour le rail, fondé sur des données du cabinet SCI Verkehr, place la France en dernière position des pays étudiés avec 70 € de financement public par habitants pour le rail. Ce niveau reste faible par rapport aux voisins européens, malgré une hausse de 5 € par rapport à 2024.
Investissement rail en Europe : comparaison des budgets publics
Le rapport souligne des écarts marqués : Grande-Bretagne 209 €, Allemagne 222 €, Autriche 359 €, Suisse 504 € et Luxembourg 622 € par habitant. Ces chiffres exposent une générosité budgétaire très variable parmi les États européens.
Depuis 2022, les dépenses publiques de plusieurs pays ont fortement augmenté, tandis que la France progresse peu malgré l’annonce d’un plan national pour le ferroviaire évalué à 100 milliards d’euros d’ici 2040.
Financement du rail en France : le rôle particulier de la SNCF
Le mode de financement français diffère : l’État s’appuie en partie sur les bénéfices commerciaux de la SNCF reversés à SNCF Réseau via un fonds de concours. Le projet de contrat de performance 2024‑2033 fixe cet effort à 14,8 milliards sur la période, soit environ 1,6 milliard par an.
L’étude d’Alliance pour le rail n’intègre pas ces flux ni les péages versés par les opérateurs, jugés parmi les plus élevés d’Europe et représentant une ressource supplémentaire pour les infrastructures.
Budget transports et conséquences pour les infrastructures ferroviaires
Le sous-investissement persistant hors TGV est pointé comme cause d’une dégradation du service, de fermetures de lignes et, selon Jean‑Pierre Farandou, d’un risque d’effondrement du réseau. L’État consacre environ 3 milliards d’euros par an aux infrastructures, cible portée à 4,5 milliards par la dernière loi-cadre.
Dirk Flege, directeur général de l’Alliance pour le rail, salue la hausse des investissements allemands mais s’interroge sur la soutenabilité du modèle français si les bénéfices de la SNCF se tassent. La question du financement futur via les recettes autoroutières est évoquée sans chiffrage précis.
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