Cité centre, Genève
January 24, 2026
Finance durable : l’atout polyvalent du marché financier
Finance

Finance durable : l’atout polyvalent du marché financier

Jan 8, 2026

« Lecture rapide :
– La finance durable reste utile malgré la désillusion
50% des actifs sous gestion en UE selon SFDR articles 8 et 9
– Révision du SFDR lancée le 20 novembre 2025″

La finance durable occupe une place centrale sur le marché financier mais suscite désormais une certaine désillusion. Après l’enthousiasme initial lié aux plans européens et aux normes, les flux financiers ne suivent pas toujours les attentes politiques et médiatiques. Les instruments varient : des produits étiquetés aux actions d’active ownership, en passant par des prêts indexés sur des critères de durabilité.

Réglementation et taille du marché pour la finance durable

La Commission européenne a lancé en 2018 le plan «Financer la croissance durable», suivi du Pacte vert qui a relevé les ambitions. Une série de textes — CSRD, CSDDD, SFDR — impose plus de transparence et de reporting aux acteurs.

Malgré cela, les produits conformes aux articles 8 et 9 du SFDR représentent près de 50% des actifs sous gestion dans l’Union européenne, et l’Europe concentre jusqu’à 84% des actifs mondiaux dans ces fonds. Ce constat montre l’ampleur du marché mais pas forcément l’efficacité en termes de redirection massive des capitaux vers la transition.

Révision du SFDR et points de tension

La révision du SFDR, lancée le 20 novembre 2025, met en lumière des imperfections structurelles. Les règles de transparence ont progressé, mais leur application révèle des zones grises et des attentes politiques surestimées.

Des critiques portent sur la capacité des réglementations à convertir la transparence en flux concrets pour la transition écologique. Certaines mesures restent pertinentes, mais l’effet transformateur attendu n’est pas pleinement atteint.

Investissabilité, responsabilité et instruments du marché financier

La finance durable est présentée comme un couteau suisse : elle répond à des objectifs moraux, à des considérations de gestion des risques et à des ambitions d’impact social. Ces différents usages n’ont pas toujours la même logique opérationnelle ni les mêmes critères d’investissabilité.

Attribuer seule la responsabilité aux banques ou aux gérant·e·s de fortune est insuffisant. Les intermédiaires opèrent sur mandat et doivent concilier impact et viabilité financière. La clé réside dans des conditions-cadres politiques qui améliorent la finançabilité des projets, par exemple via des mécanismes de prix du carbone ou des systèmes de certificats.

Outils opérationnels : du reporting à l’engagement

Sur le plan opérationnel, l’engagement actionnarial et les instruments comme les sustainability-linked loans figurent parmi les leviers utilisés pour orienter les capitaux. Ces outils visent à financer la transition, y compris pour des entreprises aux profils les plus émetteurs.

Pour qu’ils fonctionnent, il faut que les projets soient investissables : la réglementation doit réduire l’incertitude sans créer une bureaucratie paralysante. Les marchés et la politique publique doivent converger pour lever les freins à l’investissement responsable.

La période récente souligne que la désillusion tient souvent à des espoirs excessifs et à des attentes politiques irréalistes. Connaître les potentialités et les limites de la finance durable permet de mieux cibler les mesures publiques et privées nécessaires à la transition écologique et au développement durable.

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David Marchand

Trader indépendant et spécialiste des cryptomonnaies. Il vulgarise l’univers du trading et des investissements alternatifs pour un public curieux et en quête d’opportunités rentables.

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