La FIFA lance un ambitieux projet de cession des parts de la Coupe du Monde
Lecture rapide :
– La FIFA propose de créer une société valorisée 20 milliards USD
– Jusqu’à 4,2 milliards USD pourraient être levés cette année
– L’UEFA dénonce la cession de parts et exige de la transparence
La FIFA a dévoilé mardi un projet ambitieux visant à créer une société commerciale, baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), destinée à gérer la coupe du monde et d’autres compétitions. L’instance propose une valorisation initiale de 20 milliards de dollars et indique que la nouvelle entité pourrait lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars cette année pour financer des programmes de développement. Le plan prévoit la vente de participations minoritaires à des investisseurs de long terme, sans transfert de contrôle, selon la FIFA.
Structure du projet, investisseurs et droits commerciaux de la Coupe du Monde
Selon les informations communiquées, la FIFA travaillerait avec la banque JP Morgan pour structurer l’opération et cibler des fonds capables d’un investissement durable. Parmi les investisseurs pressentis figure Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, proche familial de Jared Kushner et de la famille Trump, un point relevé par plusieurs observateurs. La nouvelle entité viserait à concentrer les droits commerciaux et le marketing sportif liés à l’événement mondial qu’est la coupe du monde.
La FIFA précise que les participations seraient minoritaires et que l’administration resterait impliquée si le projet est approuvé. Cette approche vise à générer des capitaux pour alimenter des programmes globaux, sans transfert de gouvernance, affirme l’instance.
Réactions et opposition de l’UEFA
L’UEFA a immédiatement dénoncé l’opération, estimant que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des biens que l’on puisse échanger » et qualifiant l’affaire de franchissement d’une limite. L’UEFA a ajouté que la situation serait prise « extrêmement au sérieux » par les fédérations nationales.
Le projet relance des tensions anciennes, notamment après une tentative de privatisation similaire en 2018 négociée avec SoftBank, qui avait finalement avorté face aux résistances européennes. Les liens renforcés entre certains dirigeants de la FIFA et des acteurs étatiques ou privés, évoqués lors du Mondial, alimentent les inquiétudes sur la transparence des bénéficiaires financiers.
Impacts financiers pour les fédérations et calendrier politique
La FIFA rappelle que, en tant qu’association à but non lucratif regroupant 211 fédérations, tout projet devra recevoir l’aval de ses membres. L’instance propose d’offrir à chaque fédération la possibilité d’« accéder à un capital exceptionnel » pouvant aller jusqu’à 20 millions de dollars, via le programme FIFA Fast-Forward. La FIFA assure que les versements garantis aux fédérations passeraient des 8 millions actuels à 20 millions, puis 22 et 24 millions sur les cycles suivants jusqu’en 2038.
Le succès commercial du Mondial 2026, qui a dégagé des recettes record d’environ 12 milliards de dollars, renforce la position du président Gianni Infantino et pourrait faciliter l’acceptation politique du projet. Des rumeurs persistent toutefois quant à la création d’un poste exécutif puissant au sein de la nouvelle structure; la FIFA a nié qu’un tel rôle ait été formellement décidé, tout en indiquant que la présidence et l’administration auraient des « rôles de premier plan » si l’opération était approuvée.
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