ENTRETIEN. La nouvelle présidente dynamise le festival BD de Perr : débat sur l’IA et lancement des dédicaces rémunérées
Marie-Paule Noël a pris la présidence du Festival BD de Perros-Guirec et inscrit au programme un débat sur l’IA ainsi que le lancement de dédicaces rémunérées pour l’édition des 25 et 26 avril 2026. L’organisation annonce la présence de 43 auteur·rice·s et d’une vingtaine d’exposants, sous l’égide de l’association organisatrice.
Débat sur l’IA au Festival BD de Perros-Guirec : enjeux pour les auteur·rice·s
Le débat programmé porte sur l’usage des systèmes de génération d’images et de texte dans la création de bande dessinée, ainsi que sur la responsabilité éditoriale des organisateurs. Les intervenants attendus incluent auteur·rice·s, éditeurs et spécialistes techniques, avec des éléments concrets issus d’expérimentations de workflows assistés par machine learning.
Sur le plan juridique, la question renvoie au droit d’auteur suisse (Loi fédérale sur le droit d’auteur) et à la protection des données lors d’entraînements de modèles. Les autorités fédérales suisses suivent les développements européens relatifs au règlement sur l’IA et les recommandations de la Fédération internationale des bibliothèques et des droits de la propriété intellectuelle, ce qui alimente la vigilance des festivals culturels.
Illustration pratique : un auteur local, Camille Laurent, envisage d’utiliser un outil de génération d’images pour produire des esquisses préliminaires. Le cas évoque des décisions opérationnelles sur la traçabilité des contributions, l’indication de l’usage d’outil automatique et les clauses contractuelles avec les éditeurs. Cet exemple souligne l’impact direct sur les pratiques professionnelles.
Dédicaces rémunérées : modèle économique et contraintes opérationnelles
L’introduction de dédicaces payantes modifie les flux financiers du festival. Les recettes issues des signatures devront être ventilées entre auteur·rice·s, structure organisatrice et potentiellement le régime fiscal local, avec implications pour la facturation et la TVA selon le statut des créateurs.
Sur le plan organisationnel, la billetterie, la gestion des files et les modalités de paiement numérique imposent des investissements techniques et des procédures de conformité. Le format implique une contractualisation formelle entre l’association du festival et les auteur·rice·s, ainsi qu’une assurance pour les transactions.
Cas pratique : l’adoption d’un système de paiement par QR code change la logistique d’accueil et nécessite formation des bénévoles. L’entrée en vigueur de cette mesure constitue un test opérationnel avant d’éventuelles extensions à d’autres manifestations culturelles.
Conséquences institutionnelles et perspectives réglementaires pour les organisateurs
Les autorités cantonales et municipales sont parties prenantes en matière de sécurité, de fiscalité et de subvention culturelle. Les centres de recherche en sciences des données et les universités locales peuvent être sollicités pour des analyses d’impact sur les pratiques artistiques et la médiation technologique.
Point d’attention : les organisateurs doivent concilier liberté de création, obligations liées au droit d’auteur et exigences de transparence lors d’usages d’outils automatisés. Cette tension engage la responsabilité associative et la crédibilité auprès des auteur·rice·s, des éditeurs et du public.