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April 29, 2026
Vue d’Europe : les États-Unis prévoient un investissement de 10 millions de dollars dans l’importation de fromage suisse
Emploi

Vue d’Europe : les États-Unis prévoient un investissement de 10 millions de dollars dans l’importation de fromage suisse

Avr 8, 2026

Lecture rapide :
– L’USDA prévoit d’acheter du « fromage suisse » pour soutenir les producteurs américains.
10 millions de dollars destinés via l’Article 32 de l’Agriculture Adjustment Act.
– Les exportations suisses vers les États-Unis ont chuté d’environ 20% l’an dernier.

Le 19 février, le secrétaire américain à l’agriculture, Brooke L. Rollins, a annoncé que le ministère prévoyait d’acquérir pour 10 millions de dollars de fromage dit « suisse ». Les achats, effectués au titre de l’Article 32 de l’Agriculture Adjustment Act de 1935, visent à transformer des excédents agricoles en repas pour des banques alimentaires et des déjeuners scolaires, mais les principaux bénéficiaires restent les producteurs américains.

USDA, Article 32 et mécanisme d’achat de fromage suisse

L’opération s’appuie sur un dispositif qui canalise environ 30% des droits de douane pour soutenir la consommation intérieure de produits agricoles excédentaires. Le lot de 10 millions de dollars représente près de 11% de la valeur des exportations de « fromage suisse » vers les États-Unis, selon les données citées.

Le communiqué de l’USDA insiste sur l’objectif de stabiliser les revenus agricoles et de soutenir les emplois ruraux. Les observateurs soulignent que ces achats interviennent dans un contexte de tensions commerciales et de hausse des coûts pour les exploitants.

Caractéristiques du « fromage suisse » produit aux États-Unis

Aux États-Unis, tout fromage fabriqué localement peut être commercialisé comme « fromage suisse » s’il respecte les normes de l’USDA : présence de trous répartis, humidité maximale de 41%, matière grasse minimale de 43% et affinement d’au moins 60 jours. Le produit est classé en trois qualités : A, B et C.

Le prix de vente aux États-Unis se situe généralement entre 15 et 20 dollars le kilo, contre environ 60 dollars le kilo pour un Gruyère importé de Suisse. En 2024, l’Ohio a produit 146,2 millions de livres (~66,3 millions de kg), loin devant le Wisconsin (15,4 millions de livres), tandis que la production américaine totale de « fromage suisse » a atteint un record de 360 millions de livres en 2024.

Conséquences juridiques et commerciales pour la Suisse

La position des appellations suisses à l’étranger a été affaiblie par plusieurs décisions judiciaires récentes. En 2023, une cour américaine a refusé de reconnaître « Gruyère » comme marque certifiée, jugeant le terme générique pour le marché américain. La tentative d’obtenir la marque « Emmentaler » dans l’Union européenne a également échoué la même année.

Ces revers s’ajoutent à des évolutions politiques : une motion suisse visant à généraliser la protection des appellations dans les accords commerciaux a été finalement rejetée par le Sénat en 2024, qui a préféré une approche plus mesurée. L’absence des États-Unis dans l’acte de Genève de l’OMPI complique toute protection juridique outre-Atlantique.

Impact économique et mesures d’atténuation

Les droits de douane introduits en août 2025 ont pesé sur les échanges : les exportations suisses de fromage vers les États-Unis ont diminué d’environ 20% l’année suivante, tandis que l’ensemble des importations américaines de fromage a reculé de 11%. La hausse des coûts des intrants, notamment des engrais, a été attribuée en partie aux tarifs et a contribué à une hausse des faillites agricoles de 46% en 2025.

Face à ces difficultés, l’Office fédéral de l’agriculture a indiqué avoir délivré une aide supplémentaire d’environ 800 000 francs suisses pour la promotion et l’exportation des fromages, en complément des efforts de marketing menés par Switzerland Cheese Marketing.

La Wisconsin Cheese Makers Association a salué l’achat de l’USDA, estimant que cet afflux d’achats profitera à l’ensemble du secteur laitier américain et renforcera la résilience de l’industrie. Selon son service de communication, les États fortement producteurs comme l’Ohio tireront un bénéfice marqué de cette mesure.

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About Author

Caroline Dubois

Caroline Dubois est une experte en back office bancaire avec plus de 15 ans d'expérience à Genève. Diplômée en finance et gestion des opérations de l’École de Commerce de Genève, elle excelle en gestion des risques et conformité réglementaire. Parfaitement bilingue en français et en anglais, Caroline est passionnée par le développement durable et s'investit dans l'intégration des critères ESG dans les pratiques bancaires. Son rôle crucial dans la gestion efficace des opérations bancaires et la conformité fait d'elle une figure respectée dans le secteur financier genevois.

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