- Forgis propose 80 à 100 heures/semaine
- Salaire annoncé : 70 000 francs et 1% d’actions
- La loi suisse fixe 45 heures ; juristes évoquent une violation
Une offre d’emploi publiée le 17 novembre sur LinkedIn par la start-up suisse Forgis, active dans l’intelligence industrielle, a déclenché une vague de réactions. Le poste visé est celui de responsable du développement à Schlieren et l’annonce indique un engagement hebdomadaire pouvant aller de 80 à 100 heures. En contrepartie, l’entreprise propose un salaire de 70 000 francs suisses par an et 1% du capital.
Semaine de travail 100 heures en Suisse : l’annonce qui polarise
Le message publié sur LinkedIn a rapidement été repris par la presse et les réseaux sociaux, suscitant des critiques sur l’équilibre entre vie privée et professionnelle. Le PDG, Federico Martelli, a défendu l’offre en déclarant que l’entreprise cherche des « fondateurs » prêts à s’investir pleinement et que personne n’est contraint de postuler : « Si quelqu’un ne veut pas de ça, nous ne forçons personne à postuler ». L’annonce précise aussi que la société ne croit pas à l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle.
Cadre légal du temps de travail en Suisse
Le droit suisse fixe la durée normale du travail à 45 heures par semaine pour la plupart des salariés. Toute heure supplémentaire est généralement compensée par un supplément salarial d’environ 25 %, selon la réglementation en vigueur. Des exceptions existent, mais un engagement annoncé jusqu’à 100 heures par semaine a été qualifié de problématique par des spécialistes du droit.
Réactions juridiques et marché du travail
Interrogé par la presse, Roger Rudolph, professeur de droit du travail à l’université de Zurich, a estimé qu’un temps de travail pouvant atteindre 100 heures « constitue une violation flagrante » du droit suisse. Le salaire proposé est inférieur à la moyenne helvétique citée dans les analyses (environ 78 000 à 80 000 francs en moyenne), ce qui a amplifié le débat sur la valeur réelle de l’offre dans le contexte du coût de la vie suisse.
La polémique soulève des questions sur les pratiques des start-up et la frontière entre engagement entrepreneurial et respect des normes du travail. Forgis demeure au centre du débat, entre une stratégie de recrutement atypique et le contrôle du respect du cadre légal.
