Fini les mines toxiques : des chercheurs transforment vos déchets en or 22 carats
Lecture rapide :
– Des chercheurs récupèrent de l’or 22 carats dans des déchets électroniques
– 450 mg extraits de 20 cartes mères, pureté > 99 %
– Procédé sans cyanure : TCCA et polymère de soufre
Des équipes de recherche en Suisse et en Australie ont présenté une méthode visant à extraire de l’or 22 carats à partir de déchets électroniques, selon une publication et des communiqués rendus publics. Le travail combine un agent less toxique pour dissoudre l’or et un matériau sélectif pour le récupérer, offrant un rendement de laboratoire jugé supérieur aux procédés traditionnels.
Extraction d’or 22 carats des déchets électroniques : méthode suisse et rendement
L’ETH Zurich a mis au point un polymère de soufre capable de capter sélectivement l’or dissous en solution. Après fixation, un chauffage contrôlé ou un traitement doux permet de libérer le métal sous forme de pépites de haute qualité.
Les chercheurs annoncent avoir obtenu une pépite de 450 mg à partir de 20 cartes mères, avec une teneur correspondant à de l’or 22 carats et une pureté supérieure à 99 %. Le polymère est réutilisable, ce qui réduit sensiblement le coût par cycle.
Présentée fin janvier 2026 dans la revue Advanced Materials, cette approche vise à rendre viable économiquement la récupération d’or dans des flux urbains de déchets. Le caractère sélectif du polymère limite les étapes de purification habituelles.
Remplacer le cyanure par le TCCA : alternative australienne
À la Flinders University, une équipe a testé l’acide tricloroisocyanurique (TCCA), un produit courant de désinfection d’eau de piscine, pour dissoudre l’or contenu dans les composants électroniques. Le TCCA dissout efficacement l’or tout en évitant la toxicité extrême du cyanure.
Selon les chercheurs australiens, la substitution réduit les risques de contamination des sols et des nappes, sans sacrifier la qualité du métal récupéré. Le procédé a été mis en parallèle avec la solution suisse pour montrer une chaîne complète moins polluante.
La combinaison d’un agent de dissolution courant et d’un piégeage sélectif ouvre la voie à un processus intégralement plus propre. Cette alternative diminue l’empreinte chimique de l’opération.
Impact environnemental et potentiel économique du recyclage d’or 22 carats
Les Nations unies estiment la production mondiale de déchets électroniques à plus de 60 millions de tonnes par an. Un smartphone contient en moyenne environ 0,03 gramme d’or, mais cumulés, ces appareils représentent un gisement secondaire concentré.
Comparer ce gisement aux mines classiques clarifie l’enjeu : l’extraction minière nécessite souvent de déplacer une tonne de roche pour un gramme d’or. Exploiter les déchets électroniques réduit ce ratio et limite les dommages liés à l’extraction.
Si la chaîne technique passe à l’échelle, la valorisation des flux urbains pourrait créer des emplois dans le traitement des déchets et l’ingénierie chimique, tout en abaissant les émissions liées au raffinage traditionnel.
Vers une filière industrielle : obstacles, échelle et perspectives
Plusieurs obstacles demeurent avant une application industrielle : la montée en volume, la sécurisation des flux de déchets et la validation réglementaire des procédés. Les équipes indiquent travailler sur la mise à l’échelle et l’optimisation des cycles du polymère réutilisable.
Les chercheurs précisent que le volume présent dans les déchets électroniques ne remplace pas la production minière mondiale mais constitue un complément stratégique. L’usage de produits facilement disponibles comme le TCCA facilite la transition vers des installations à plus grande échelle.
Le passage du laboratoire à l’usine dépendra des tests pilotes et des investissements : la promesse est une filière moins polluante et potentiellement rentable si le recyclage suit en volume. Cette évolution pourrait modifier durablement la gestion des déchets électroniques.
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